Les attentats anti-américains n’ébranlent pas la stratégie de sécurité suisse
Le Conseil national a voté mercredi le programme d'armement 2001, de 980 millions de francs. Un échec pour les radicaux Yves Guisan et Yves Christen, qui proposaient le renvoi au Conseil fédéral. L'incapacité américaine à faire face au terrorisme n'a pas ébranlé les convictions du camp bourgeois.
«Il faut donner à l’armée les moyens de faire face aux menaces de l’avenir et du présent.» Mardi devant le Conseil national, le radical Yves Guisan s’est montré sans concession: le programme d’armement 2001 est dépassé.
C’est ce que pense également Yves Christen. Les deux parlementaires voient dans les récents événements qui ont secoué l’Amérique la preuve que le monde doit se préparer à de nouvelles menaces.
Un soutien déterminant de Blocher
Mardi matin, les deux radicaux proposaient donc de renvoyer le programme d’armement 2001 au Conseil fédéral. Hormis la gauche, ils pouvaient compter sur le soutien de plusieurs députés bourgeois romands. Et même sur celui de Christoph Blocher, qui s’écartait ainsi de la position de l’UDC.
Le soutien de la gauche, lui, était beaucoup plus logique. Les Verts aussi bien que les socialistes préconisaient depuis longtemps la non-entrée en matière. Et les attentats de la semaine dernière ont encore apporté de l’eau à leur moulin.
Actions civiles et coopération internationale
Le Neuchâtelois Fernand Cuche a ainsi souligné la nécessité de gérer ces nouvelles menaces de façon anticipée. En diminuant la misère et la pauvreté. En augmentant la coopération internationale, et les actions civiles.
«Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain», a rétorqué Jacques-Simon Eggly. A l’instar de la majorité du camp bourgeois, le libéral genevois a souligné la nécessité d’adapter notre sécurité aux nouveaux dangers, mais aussi de rester attentif aux menaces plus classiques.
«Adaptation et continuité.» La majorité des radicaux et des démocrates-chrétiens ont suivi cet adage. Précisant tout de même que le Conseil fédéral devait être conscient, même sans renvoi, de la nécessité de considérer ces nouvelles menaces.
Isolés dans le camp bourgeois, les deux Romands n’ont donc rien pu faire. Leur proposition de renvoi a été balayée par 98 voix contre 77, et trois abstentions.
Une majorité beaucoup plus importante s’est dégagée l’après-midi, lors du vote sur le contenu et le montant des dépenses. Les représentants du peuple ont approuvé le projet du Conseil fédéral sans la moindre retouche, par 98 voix contre 55, et 7 abstentions.
Adhésion à l’ONU approuvée
Les députés ont donc refusé les propositions de la gauche, qui voulait diminuer le crédit accordé à 420 millions de francs, voire de 220 millions.
Jacques-Simon Eggly, au contraire, préconisait une augmentation de ce crédit à 1099 millions, pour acheter deux avions de transport. Il a finalement retiré sa proposition avant le vote final.
Yves Christen n’a pas rencontré plus de succès. Après son échec du matin, il a proposé un programme de dépenses différent, qui aurait permis «une petite ouverture vers la gestion des crises et l’étranger». Un peu plus tôt, mercredi matin, les députés avaient approuvé l’adhésion de la Suisse à l’ONU. Ils n’ont pas voulu d’un autre signe d’ouverture.
Caroline Zuercher, Palais fédéral
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