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Un Suisse au cœur de l’ouverture birmane

Selon Léon de Riedmatten, la junte militaire ne peut plus résister aux pressions diplomatiques. Keystone Archive

En gagnant la confiance de l'opposition et des autorités birmanes, Léon de Riedmatten a facilité la libération de l'opposante Aung San Suu Kyi.

«Cette libération est un test dans la construction d’un rapport de confiance entre les deux parties», commente le responsable en Birmanie du Centre Henry Dunant pour le dialogue humanitaire.

Et Léon de Riedmatten d’ajouter: «le régime birman va observer la manière dont Aung San Suu Kyi utilise sa liberté de mouvement et de parole. Après cette phase, les deux parties pourront coopérer et mener des discussions de fond sur l’avenir du pays».

«Un processus, estime Léon de Riedmatten, devenu inévitable.» En effet, la junte militaire actuellement au pouvoir à Rangoon ne peut plus résister aux pressions diplomatiques et aux sanctions internationales, à l’asphyxie lente de l’économie birmane et au virus du sida qui menace gravement le pays.

Des liens patiemment tissés

Etabli en Birmanie depuis janvier 1999, Léon de Riedmatten sait de quoi il parle. Après avoir dirigé la délégation du CICR à Rangoon, ce Valaisan a préparé et accompagné les négociations menées entre la junte militaire et celle que l’on appelle la «Dame de Rangoon».

Des pourparlers qui ont démarré en septembre 2000, juste après l’assignation à résidence du Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. Concrètement, sur place, Léon de Riedmatten a soutenu la mission du médiateur des Nations Unies, le Malaisien Razali Ismail.

«L’émissaire de l’ONU venait tous les trois à quatre mois en Birmanie, précise le Valaisan. Ma tâche consistait à préparer ses visites et à en assurer le suivi.»

Ce rôle, Léon de Riedmatten l’a joué dans le cadre de son mandat pour le Centre pour le dialogue humanitaire, une organisation basée à Genève et largement financée par la Confédération.

Au fil des ans, le Suisse a donc su et pu gagner la confiance des autorités birmanes. «Je leur ai donné le bénéfice du doute, dit-il. Les responsables actuels font partie d’un système qu’ils n’ont pas eux-mêmes créé.»

En clair, le Valaisan fait, en l’occurrence, allusion au régime instauré en 1962 par les militaires.

Une nouvelle mission délicate

Fort des liens qu’il a également tissés avec l’ensemble de l’opposition birmane, Léon de Riedmatten est devenu aujourd’hui un personnage incontournable à Rangoon.

Raison pour laquelle le Bureau international du travail (BIT) vient de le choisir pour une nouvelle mission délicate. Le Suisse a été chargé d’ouvrir un bureau de liaison à Rangoon pour surveiller l’élimination du travail forcé en Birmanie.

swissinfo/Frédéric Burnand

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