Calmy-Rey et Lüthi au coude à coude
Les deux candidates officielles du PS à la succession de Ruth Dreifuss au Conseil fédéral ont fait bonne impression mardi lors des auditions.
Les Démocrates-chrétiens et les Verts laissent la liberté de vote. Les radicaux décideront plus tard.
Il y aura très probablement du suspense, le 4 décembre au Palais fédéral, jour où se jouera la succession de la Conseillère fédérale Ruth Dreifuss.
Micheline Calmy-Rey et Ruth Lüthi – les deux candidates socialistes – ont visiblement fait bonne impression.
Pour preuve, le groupe radical (60 députés) n’a pas encore de favorites. «Mais, déclare son président Fulvio Pelli, il est fort improbable qu’il vote pour d’autres personnes que celles qui figurent sur le ticket socialiste.»
Et c’est, pour l’heure, la seule certitude des radicaux. En effet, certains ont été impressionnés par la Fribourgeoise Ruth Lüthi, d’autres par la Genevoise Micheline Calmy-Rey.
C’est la raison pour laquelle le groupe radical ne prendra sa décision que le mardi 3 décembre, ajoute le conseiller national tessinois.
Tout dépendra aussi de l’attitude des socialistes et de l’Union démocratique du centre (UDC) le jour même de l’élection.
En conclusion, le groupe radical se dit impressionné par les deux candidates qui ont des personnalités différentes. «Mais, rappelle Fulvio Pelli, toutes les deux sont qualifiées.»
Pas de préférence au PDC
Le groupe démocrate-chrétien (50 députés), indique son président Jean-Michel Cina, «n’a pas non plus de préférence entre les deux candidates officielles du PS.»
Mais, à la différence des Radicaux, les Démocrates-chrétiens ont défini leur stratégie. En d’autres termes, ils laissent la liberté de vote aux membres de leur groupe. Et la décision du groupe est définitive.
Une chose est sûre: les deux conseillères d’Etat Calmy-Rey et Lüthi ont toutes deux prouvé qu’elles étaient qualifiées pour le poste de conseillère fédérale.
«Elles ont montré aux Démocrates-chrétiens qu’elles étaient capables de respecter le principe de collégialité et de faire des coalitions», ajoute le conseiller national valaisan.
Par ailleurs, dit Jean-Michel Cina, le groupe PDC peut vivre avec l’idée que deux Fribourgeois siègent au gouvernement. Même si cette perspective constitue un certain handicap pour Ruth Lüthi.
Car, avec son représentant Joseph Deiss au Conseil fédéral, le PDC aurait intérêt à une plus large répartition géographique.
Liberté de vote chez les Verts
Les Verts (10 députés) ont, eux aussi, décidé de laisser la liberté de vote. Ils estiment que les candidatures de Micheline Calmy-Rey et de Ruth Lüthi sont toutes les deux valables.
Pour la co-présidente des Verts, les deux candidates ont laissé une bonne impression. Mais la Zurichoise Ruth Genner trouve Mme Calmy-Rey plus énergique, plus précise et plus claire. Alors que Ruth Lüthi lui est apparue plus posée.
Pas d’audition à l’UDC
Le groupe UDC (52 députés) ne prévoit pas d’auditionner les deux candidates socialistes. Il soutient uniquement son propre candidat, le conseiller national zurichois Toni Bortoluzzi.
Enfin, le groupe libéral – qui a entendu les deux socialistes et Toni Bortoluzzi – ne donne pas non plus de consigne de vote.
Toutefois, le Zurichois de l’UDC n’a pas fait bonne impression devant les six députés libéraux, qui lui reconnaissent malgré tout des qualités humaines.
swissinfo avec les agences
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