Des parlementaires suisses séduits par l’Europe
Des députés suisses ont effectué lundi et mardi une visite de travail à Bruxelles.
Les parlementaires ont été impressionnés par la «vitalité» de l’Union européenne (UE).
Ce voyage s’inscrivait dans le cadre du cycle d’auditions sur l’avenir de l’Union européenne, entamé en février dernier par la Commission de politique extérieure du Conseil national. Cette visite avait pour thème la Convention, que préside Valéry Giscard d’Estaing.
Les parlementaires suisses ont rencontré des personnalités de premier plan, notamment le vice-président de la Convention Giuliano Amato et le commissaire Michel Barnier, responsable des réformes institutionnelles et membre de la Convention.
La Commission, conduite par son président Claude Frey, s’est également entretenue de politique étrangère avec Javier Solana, Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC).
Enthousiasme pour l’Europe
A l’issue de leurs deux journées de travail, les députés suisses ne cachaient pas leur enthousiasme pour l’Europe.
«J’ai été impressionné par la formidable vitalité de l’Union européenne, il y a une volonté d’aller de l’avant, un optimisme, une créativité», s’exclame Claude Ruey. Le député vaudois a aussi été étonné par la connaissance que certains députés européens avaient des institutions suisses.
Les députés ont eu la confirmation que la future Constitution européenne se rapprocherait du «modèle» suisse. «Nous avons senti une ferme intention de vouloir décentraliser et répartir les compétences selon le principe de la subsidiarité», déclare Erwin Jutzet, vice-président de la Commission.
La question de la place des petits pays a été évoquée avec le luxembourgeois Jacques Santer. L’ancien président de la Commission européenne et membre de la Convention a rassuré ses interlocuteurs en leur affirmant que les petits pays n’étaient pas écrasés par les grands partenaires.
Pas d’accord sur mesure pour la Suisse
Quant aux rapports que l’UE envisage d’entretenir avec les pays voisins, comme la Suisse, après l’élargissement, la réponse est nette. «La Suisse se retrouvera toute seule», leur a dit Elmar Brok, président de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen.
Imaginer pouvoir conclure un accord d’association ad hoc avec l’Union européenne fait donc partie «du rêve», comme le constate Claude Ruey. Visiblement les députés suisses ont compris le message.
Alors que les relations bilatérales traversent une zone de turbulences, les parlementaires helvétiques sont rentrés avec une très bonne impression de l’Europe. Et ils n’ont pas senti d’agressivité à l’égard de la Suisse.
Reste maintenant à savoir ce que les députés feront de leur enthousiasme européen. Il est certain que l’Europe ne sera pas un thème central des élections fédérales, admet Edwin Jutzet.
Pour l’heure, la question européenne est mise sous le boisseau, en Suisse. On peut utiliser cette période de latence, estime Claude Ruey, pour expliquer calmement aux citoyens suisses ce qui se passe en Europe.
swissinfo/Barbara Speziali à Bruxelles.
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