L’art suisse dans les rues de Washington
Une exposition mêle art et politique dans la capitale des Etats-Unis. Des artistes suisses ont contribué à peindre des ânes et des éléphants.
La capitale de la seule superpuissance du monde a décidé de se moquer d’elle-même. Et, par la même occasion, aussi, d’attirer à nouveau les touristes qui l’ont délaissée depuis les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center et le Pentagone.
A partir de cette semaine et jusqu’à l’automne, les rues de Washington sont envahies par des animaux d’un genre un peu particulier. Cent ânes et un nombre équivalent d’éléphants en polyuréthane, décorés, peints, habillés, transformés par des artistes amateurs et professionnels, américains, canadiens et suisses.
Des mascottes… politiques
Le choix de l’âne et de l’éléphant s’imposait dans ce royaume de la politique qu’est Washington. En effet, l’éléphant est la mascotte du parti du locataire actuel de la Maison Blanche, le républicain George W. Bush. Tandis que l’âne est, curieusement, l’emblème du parti démocrate auquel appartient le maire de la capitale des Etats-Unis, Anthony Williams.
«Nous tenions à trouver des images qui représentent notre ville, c’est pourquoi nous avons choisi les animaux qui symbolisent les deux grands partis politiques», explique à swissinfo Tony Gittens, directeur général de la Commission Artistique et Culturelle de la municipalité de Washington.
«Avec cette exposition en plein air, nous espérons, bien sûr, soutenir le flot de touristes qui a commencé à retrouver le chemin de Washington», précise encore Tony Gittens.
Mais, l’objectif visé est également d’amener «les visiteurs à sortir des sentiers battus, en quittant le centre de la ville où se trouvent la Maison Blanche, le Congrès, les monuments et de nombreux musées pour découvrir d’autres aspects de Washington.»
Un choix naturel
Le choix des artistes suisses s’est lui-aussi fait naturellement. «La commission entretient une excellente collaboration avec l’Ambassade de Suisse, une collaboration qui, notamment, se traduit chaque année par la présence d’un film helvétique au programme de notre festival international du cinéma indépendant», souligne le patron de la Commission artistique de Washington.
A l’ambassade, Présence Suisse a ouvert un bureau l’an dernier et dispose d’un budget de 2,4 millions de francs pour ses actions culturelles en Amérique du Nord.
«On veut s’engager dans la communauté américaine et faire connaître la Suisse, surtout dans la capitale», déclare à swissinfo Sylvia Broennimann de Présence Suisse.
Il y a quelques mois, un appel d’offre a donc été lancé aux artistes suisses. Dans un premier temps, l’ambassade a retenu cinq artistes. Par la suite, la Commission Artistique de Washington a procédé à la sélection finale, jetant son dévolu sur le Zurichois Jan Leiser et et la Suisso-Américaine Annina Luck.
Comme les 198 autres artistes retenus, les deux Suisses ont reçu 200 dollars de fournitures et des honoraires de 1000 dollars chacun.
Des clichés utilisés en Suisse
Jan Leiser est un artiste professionnel qui a déjà participé à l’invasion de Zurich par des vaches bariolées, une manifestation qui en avait inspiré une autre à Chicago, il y a trois ans. Annina Luck, quant à elle, est autodidacte et travaille à mi-temps à la section culturelle de l’ambassade.
Les deux Suisses ont choisi de transformer des éléphants. Leur travail s’amuse avec les clichés qui courent sur la Suisse. Le «Rescue Phant» d’Annina Luck est ainsi monté sur une paire de skis, tandis que sur son éléphant, Jan Leiser a peint une vache de montagne et un enfant en costume traditionnel qui porte au poignet une montre à quartz.
L’œuvre de Jan Leiser est exposée sur Massachusetts Avenue, connue à Washington sous le nom d’Embassy Row, parce que cette longue artère est bordée par la majorité des ambassades. L’œuvre d’Annina Luck est visible non loin de l’ambassade de Suisse.
A la clôture de l’exposition, les animaux seront mis aux enchères. Les revenus ainsi collectés seront consacrés par la municipalité de Washington à ses activités de promotion et d’enseignement de l’art.
swissinfo/Marie-Christine Bonzom à Washington
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