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La Suisse obtient des garanties de l’OTAN

Joseph Deiss se rend vendredi à Prague. Keystone Archive

L'élargissement de l'OTAN à sept nouveaux pays est un facteur de stabilité et de paix en Europe. La Suisse s'en félicite.

Le chef de la diplomatie Joseph Deiss participe, vendredi à Prague, au Conseil de partenariat euro-atlantique.

«Tout élargissement de l’OTAN est un facteur de stabilité et de paix en Europe», affirme l’ambassadeur Anton Thalmann. «C’est aussi dans l’intérêt de la Suisse», poursuit le chef de la Mission suisse auprès de l’OTAN, à Bruxelles.

Eviter l’affaiblissement du Partenariat pour la paix

En effet, les dirigeants de l’OTAN ont annoncé, jeudi à Prague, l’entrée de sept nouveaux pays: les trois Etats baltes, la Slovaquie, la Slovénie, la Roumanie et la Bulgarie. L’Alliance atlantique passe ainsi de 19 à 26 membres.

Avec la Suède, la Suisse a multiplié les efforts ces derniers mois pour que le Partenariat pour la paix – dont ces deux pays sont membres – ne soit pas affaibli à la suite de l’élargissement de l’OTAN.

Anton Thalmann est rassuré. «Tous les desiderata des pays neutres, en particulier de la Suisse et de la Suède, ont été repris dans le communiqué que vient de publier l’OTAN», se félicite l’ambassadeur.

«Nous avons la garantie d’être consultés, voire de pouvoir participer aux décisions, pour toutes les activités où nous sommes engagés», poursuit Anton Thalmann.

Evidemment, concède l’ambassadeur, «la preuve reste à faire». Il faudra voir dans la réalité comment les choses se passent.

Une réorientation géographique

Pour Fred Tanner, directeur adjoint du Centre de politique de sécurité à Genève (GCSP), l’élargissement de l’OTAN va certainement entraîner une réorientation géographique des activités du Partenariat.

Celui-ci devrait mettre désormais l’accent sur le Caucase, l’Asie Centrale et les Balkans.

Sur le court terme, le Partenariat pour la Paix devrait rester un instrument important. Ensuite, estime Fred Tanner, tout dépendra de l’évolution de l’OTAN.

Car, précise-t-il, l’Alliance atlantique peut devenir plus politique. Elle peut se transformer en une organisation de «sécurité coopérative» et non plus de «sécurité collective».

Risque de perte d’influence de l’OSCE

Dans ce cas, l’OTAN va concurrencer l’OSCE (l’Organisation pour le sécurité et la coopération en Europe). Et la Suisse, qui est très active au sein de l’OSCE, risque de perdre de l’influence.

De même que si l’OTAN décide d’assumer des activités actuellement gérées par le Partenariat pour la Paix. La Suisse perdrait alors une tribune.

Selon Fred Tanner, les Suisses devraient profiter de la marge de manœuvre dont ils disposent actuellement au sein du Partenariat pour lancer des initiatives.

Ils ont de l’expérience dans deux domaines. D’une part, dans le contrôle démocratique des forces armées. Et, d’autre part, dans les rapports entre militaires et civils.

Reste la question de savoir si la Suisse ne se trouve pas de plus en plus isolée en Europe. L’OTAN s’élargit à l’est. Et l’Union européenne (UE) s’apprête à en faire de même le mois prochain.

«On ne connaît jamais la fin de l’Histoire!», conclut l’ambassadeur Anton Thalmann.

swissinfo/Barbara Speziali à Bruxelles

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