Le triomphe de Sepp Blatter
Le président de la FIFA sort grand vainqueur du Congrès de Séoul et se voit triomphalement réélu pour quatre nouvelles années. Un véritable plébiscite.
Lâché par un teigneux secrétaire général, attaqué de toutes parts par plusieurs vice-présidents qui n’hésitent pas à déposer une plainte pénale contre lui, critiqué pour sa gestion financière depuis plusieurs mois, Joseph S. Blatter a réussi le pari de se faire réélire face au Camerounais Issa Hayatou (56 voix seulement).
Un verdict sans surprise, si ce n’est par son ampleur: 139 votes sur 197 en faveur du Suisse. «Le peuple du football ne ment jamais», lâche triomphalement le Suisse après un Congrès-marathon qui a tenu en haleine les délégués des associations, à la veille du lancement de la Coupe du monde.
Je vous ai compris
«J’ai compris votre message, il faut restaurer la confiance et l’unité et je m’y efforcerai», confirme Sepp Blatter, radieux, et ému avec l’arrivée de sa fille et sa petite-fille sur la scène. Le triomphe est total.
En plus de sa réélection avec plus de 70% des voix, le président de la FIFA a pu saluer l’entrée dans le comité exécutif de deux fidèles alliés: le Français Michel Platini et Gerhard Mayer-Vorfelder (président de la Fédération allemande).
Désormais, Sepp Blatter peut compter sur un Comité exécutif qui lui sera favorable à 15 voix contre 9.
Dirigeant les débats sans commettre d’erreur, et avec bien plus de tact que la veille, lorsque les débats s’étaient achevés dans le chaos, Sepp Blatter est parvenu mercredi à parer toutes les attaques de ses détracteurs.
Se relayant à la tribune, ces derniers n’ont jamais apporté la preuve que la FIFA se trouvait dans une situation financière catastrophique. A travers des interprétations différentes du rapport financier de la FIFA, les pro et anti-Blatter ne sont pas parvenus à s’entendre sur le véritable état de santé de la puissante association.
La voie libre pour Blatter
Ovationné, Sepp Blatter a pu compter sur le soutien de nombreux délégués africains, peu convaincus des qualités du Camerounais Hayatou, et même européens, malgré la vendetta menée par le président de l’UEFA Lennart Johansson.
Au moment de dévoiler son programme, Issa Hayatou n’a pas su proposer de véritables alternatives, ne présentant que quelques concepts peu précis. La voie était totalement libre pour Sepp Blatter.
L’emprise du Suisse sur le football mondial va se poursuivre pour quatre ans au moins. Avec des pouvoirs encore renforcés.
swissinfo/Gabriel Nadav à Séoul
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