La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Les ministres romands au plus bas

L'enquête confirme que les conseillers fédéraux romands n’ont jamais la cote. swissinfo.ch

Avec une cote qui oscille entre 56% et 59%, Pascal Couchepin, Ruth Dreifuss et Joseph Deiss sont les mal-aimés du gouvernement.

C’est, en substance, ce qui ressort d’un sondage réalisé par MIS Trend à Lausanne et Berne entre le 11 et le 13 avril auprès de 532 citoyens suisses (266 Romands et 266 Alémaniques). Et publié mercredi dans le magazine L’Illustré.

S’il est adapté à la cote de nos sept Sages actuellement en exercice, ce baromètre politique ne fait que confirmer un constat historique: les conseillers fédéraux romands n’ont jamais la cote.

Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire du côté de Romands, ce n’est pas seulement de la faute des Alémaniques. Démonstration.

«Ce phénomène, lance Marie-Hélène Miauton, directrice de MIS Trend, s’explique avant tout par le fait que tous les citoyens suisses ont un fort sentiment d’identification à leurs conseillers fédéraux.»

Et d’ajouter: «Comme le poids des Alémaniques est plus grand, dans une proportion de deux tiers-un tiers, les conseillers fédéraux alémaniques ont bien évidemment une meilleure cote au plan national.»

«La cote d’un Jean-Pascal Delamuraz était excellente en Suisse romande, rappelle Marie-Hélène Miauton. Mais, à cause du fameux poids alémanique, il était systématiquement relégué à la dernière place au plan national.»

Nul n’est prophète en son pays (romand)

Cela dit, ce n’est pas parce que l’on est Romand, et donc minoritaire, que l’on est forcément mal-aimé en Suisse et apprécié chez soi.

«Les conseillers fédéraux romands sont désavoués sur leur propre terrain, confirme Marie-Hélène Miauton. Ce qui est très rarement le cas en Suisse alémanique.» «Force est de constater, renchérit la directrice de MIS Trend, que c’est essentiellement de la faute des Romands…»

Pour preuve, dans ce tout dernier sondage en Suisse romande, les cotes de popularité de la ministre de l’Intérieur Ruth Dreifuss et celle du ministre de l’Economie Pascal Couchepin sont catastrophiques.

Seul le ministre des Affaires étrangères Joseph Deiss tire son épingle du jeu. Certes, sa cote baisse. Mais des deux côtés de la Sarine.

Les Romands aiment aussi Kaspar Villiger

Marie-Hélène Miauton met aussi en cause un comportement bien romand. «Les politiciens romands manifestent un esprit critique différent de ceux de leurs collègues alémaniques, dit la directrice de MIS trend. Ils sont latins et proches de la France. Et ils passent souvent beaucoup plus de temps à râler qu’à défendre les intérêts de ceux qui les ont élus.»

Ceci explique sans doute en partie cela. Pire encore, conclut Marie-Hélène Miauton, «les Romands semblent plus indulgents face aux Alémaniques qui, eux, ne râlent pratiquement jamais.»

La preuve, excepté le ministre des Transports Moritz Leuenberger, tous les autres ont une très bonne cote auprès des Romands. A commencer par le président de la Confédération Kaspar Villiger.

swissinfo/Jean-Louis Thomas

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision