Macolin n’a pas peur de prendre de vitesse l’ONU
Le sport doit faire partie des programmes de la coopération au développement. Ainsi que de la promotion de la paix.
Les signataires de la «Déclaration de Macolin» vont agir concrètement, en attendant une éventuelle résolution de l’ONU.
La première Conférence internationale pour le sport et le développement s’est achevée mardi. Adolf Ogi, ancien président de la Confédération, peut en être fier.
C’est en effet la toute première conférence qu’il organise en tant que sous-secrétaire général des Nations unies et conseiller spécial de l’ONU sur le sport au service du développement et de la paix.
La réunion a attiré près de 300 délégués, contre 200 prévus initialement. Des représentants de haut rang d’organisations des Nations Unies, de gouvernements, d’associations sportives, de la société civile ainsi que des milieux scientifiques et économiques.
Elle s’est tenue du 16 au 18 février à Macolin, un haut lieu du sport suisse. Le village au-dessus de Bienne accueille en effet l’Office fédéral du sport. L’agence suisse de coopération (DDC) ainsi que l’Office fédéral du sport (OFSPO) ont co-organisé la manifestation.
«Nous avons posé des fondements sûrs et communs pour tirer parti à l’avenir, de manière à la fois systématique et durable, de l’immense potentiel du sport pour le développement et la promotion de la paix», a déclaré Adolf Ogi à l’issue de la conférence.
«Une nouvelle voie s’est ouverte aujourd’hui. Une voie qui valide l’importance du sport comme facteur de développement social et économique», précise à swissinfo Walter Fust, le patron de l’agence suisse de coopération (DDC).
Déclaration d’intention
Mais la conférence va tenter de dépasser les belles promesses. Elle a adopté une déclaration d’intention forte qui réunit les propositions des divers acteurs.
La Déclaration de Macolin détaille comment les agences onusiennes peuvent utiliser le sport pour lutter contre la pauvreté et rapprocher les peuples. En même temps, une liste très complète de recommandations concrètes accompagne sa mise en ouvre.
Elles portent notamment sur des grands thèmes tels que «Sport, promotion de la paix et prévention des conflits», «Sport et développement de la personnalité» ainsi que «Sport et développement social et économique».
Parmi ces propositions figure par exemple la question du financement du sport dans le Sud». A quoi s’ajoutent les actions lancées par l’OMS santé-sport ou l’ONG «Right to play».
Sans attendre Kofi Annan
Adolf Ogi remettra ces deux documents dans deux mois au Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. «Ces recommandations pourraient aboutir un jour à des résolutions des Nations Unies», espère Walter Fust.
«C’est n’est toutefois pas prévu avant l’Assemblée générale de l’ONU de 2004, précise-t-il encore. Mais les participants ne vont pas attendre jusque là. Ils vont chacun reprendre leurs déclarations et agir dans leurs milieux respectifs, mais de manière concertée.»
L’intégration du sport dans la coopération au développement se fera donc étape par étape. Walter Fust sait malgré tout qu’il faudra du temps pour que le sport soit reconnu comme un élément constitutif du développement.
Le sport contribue en effet à réduire les inégalités sociales comme les inimités nationales. Il véhicule aussi des valeurs éducatives fortes, civiques notamment, par l’apprentissage du respect des règles comme de l’autre.
Prenons encore l’exemple des pays émergeants. Ils fournissent énormément de sportifs d’élite au monde occidental. Mais ils en profitent finalement très peu.
«Ces pays-là fabriquent aussi la majeure partie des habits de sport. Mais la plupart des clubs sportifs du Sud n’y a pas accès, faute de moyens.»
Il est donc fondamental de tenir compte de ces problèmes dans l’élaboration des futurs programmes de coopération, selon le chef de la DDC.
Plate-forme de dialogue pour la paix
Décidément, on aura beaucoup parlé de paix et de coopération ces derniers jours. Comme si la récente adhésion de la Suisse aux Nations Unies lui avait redonné une légitimité à sa traditionnelle fonction de plate-forme humanitaire.
Mais c’est un hasard si cette conférence sur le sport et le développement a eu lieu en même temps que la réunion humanitaire d’urgence sur les conséquences d’une guerre en Irak. Réunion qui s’est tenue le week-end dernier à l’appel de la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey
swissinfo, Anne Rubin
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