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Micheline Calmy-Rey reste en phase avec le public

Micheline Calmy Rey face au Parlement. Keystone

Tancée par la commission de politique extérieure du Conseil des Etats vendredi, Micheline Calmy-Rey voit sa cote de popularité résister.

Selon un sondage, 58 % de la population juge le style de la cheffe du DFAE bénéfique pour l’image du pays.

Jeudi, la nouvelle cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) fêtera le centième jour de son entrée en fonction. «Fêtera» entre guillemets, puisque le style de la Genevoise a suscité des critiques parfois virulentes dans le monde politique et les médias des deux bords de la Sarine.

Et pourtant, selon un sondage mené par ISOpublic pour Dimanche.ch, Micheline Calmy-Rey reste en phase avec l’opinion publique, avec les femmes particulièrement.

Les 58 % de la population jugent son attitude bénéfique pour l’image du pays. La ministre satisfait en particulier les moins de 34 ans et les femmes, qui sont respectivement 62 % et 64 % à porter un regard positif sur sa politique.

Seules 26 % des personnes interrogées pensent que ses démarches prétéritent l’image de la Suisse à l’étranger.

Parmi les 600 personnes de 15 à 74 ans interrogées du 2 au 5 avril, 49 % sont favorables à la «diplomatie publique» inaugurée par la cheffe du DFAE. Ils étaient 53 % en février, selon un sondage analogue.

Les manifestations pacifistes qui continuent de faire descendre des Suisses dans la rue attestent que la population, ici comme ailleurs, est inquiète des ravages de la guerre sur la population civile irakienne.

Une semaine agitée

La semaine dernière, la scène politique a été secouée par une «nouvelle affaire Calmy-Rey», déclenchée cette fois par l’annonce de la publication sur Internet de la liste des victimes civiles de la guerre en Irak.

Irréalisable pour des raisons techniques notamment, l’idée a été ensuite retirée par Micheline Calmy-Rey, provoquant une avalanche de critiques tant sur le fond que sur la forme (manque de collégialité envers ses pairs du gouvernement).

Sermonnée mardi par ses collègues, elle a en outre reçu un quasi-blâme vendredi de la part de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats. Qui lui a notamment reproché de «mettre en danger la crédibilité» de la diplomatie suisse.

Les médias en première ligne

Outre le monde politique, les médias continuent de se déchaîner contre la Genevoise. Ce dimanche encore, la Neue Zürcher Zeitung a titré sans ambages: «Cent jours, cent gaffes».

Le journal zurichois estime qu’il ne lui a pas fallu plus longtemps que ces cent jours, un «record» pour provoquer «la plus totale irritation de ses collègues, des partis et de parlementaires». Au point que «plus personne dans son département ne se demande pourquoi on l’avait baptisée ‘Cruella’ lorsqu’elle était cheffe des Finances genevoises».

De son côté, la SonntagsZeitung estime qu’elle a «creusé des brèches profondes dans son proche entourage», au point que «le secrétaire d’Etat Franz von Däniken songerait à s’en aller».

Se référant à des sources internes, le journal ajoute que, réciproquement, Mme Calmy-Rey «verrait bien le Département sans secrétaire d’Etat».

Reste le SonntagsBlick du groupe Ringier pour défendre la conseillère fédérale: «Comment peut-on juger ridicule quelqu’un qui s’engage en faveur des victimes de la guerre?»

C’est le même journal qui a publié dimanche dernier l’interview de Micheline Calmy-Rey annonçant la publication de la fameuse liste.

Le paysage médiatique suisse reste donc fidèle à lui-même, partagé entre ceux tentent de «faire les conseillers fédéraux» et ceux qui tentent de les défaire.

swissinfo, Isabelle Eichenberger

– En près de cent jours d’activité en tant que cheffe de la diplomatie fédérale, Micheline Calmy-Rey s’est engagée fermement contre la guerre en Irak et pour la défense des conventions de Genève, provoquant plusieurs fois le débat.

– En janvier, elle avait déclaré qu’elle ne se rendrait au Forum économique de Davos que si elle pouvait y rencontrer son homologue américain Colin Powell.

– Puis elle a annoncé l’organisation d’une conférence humanitaire sur l’Irak, sans consulter les parties intéressées.

– Il y a une semaine, elle a annoncé la publication d’une liste des victimes civiles de la guerre, avant de retirer son projet, en raison de «difficultés méthodologiques» et techniques.

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