Parfaite harmonie franco-suisse
La Suisse et la France sont d'accord quasiment sur tout, notamment concernant l'Irak. Elles veulent tout faire pour éviter la guerre.
La cheffe de la diplomatie suisse Micheline Calmy-Rey n’a pas effectué qu’une visite protocolaire à Paris vendredi.
Le président de la Confédération Pascal Couchepin, accueilli par le Premier ministre français et le président du Sénat, et à la fin du mois de mars par le président de la République Jacques Chirac.
Dominique Perben, ministre français de la Justice, qui rend visite à son homologue Ruth Metzler à Berne. Suivi par Nicolas Sarkozy, numéro deux du gouvernement tricolore, de passage à Genève lundi prochain.
Enfin, cette rencontre entre Micheline Calmy-Rey et le très actif Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, et chantre de l’opposition aux Américains.
Jamais la Suisse et la France ne s’étaient entretenues à un tel niveau et en si peu de temps.
«Certes, les relations ont toujours été bonnes, mais les Français avaient tendance à nous traiter comme des cousins de province, et à faire recevoir les conseillers fédéraux par de simples fonctionnaires», rappelle un responsable du Département fédéral de l’intérieur.
En cas de feu vert de l’ONU
Pourquoi Paris met-il aujourd’hui les petits plats dans les grands? Il y a bien évidemment l’Irak. Les deux pays sont pratiquement sur la même longueur d’onde. Ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter la guerre.
Ce qui ne signifie pas que l’on doit se montrer complaisant vis-à-vis du régime de Saddam Hussein. Dominique de Villepin parle de «messages de grande fermeté» envers le dictateur de Bagdad.
Micheline Calmy Rey rappelle pour sa part la grande préoccupation de la Suisse concernant les populations civiles.
La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères souligne que la neutralité suisse s’appliquera systématiquement en cas de conflit provoqué par les Etats-Unis.
Et si l’intervention reçoit le feu vert de l’ONU? «La Suisse décidera alors de sa position», déclare Micheline Calmy-Rey.
Accord sur le prochain G8
Autre enjeu de taille entre les deux pays voisins: le sommet du G8 à Evian. Le ministre français insiste sur la volonté de «coopérer étroitement», et sur la mise en place de structures bilatérales de travail.
Son homologue helvétique parle de «défi en termes de sécurité». En ce qui concerne la contribution financière sur les coûts liés à cette sécurité, elle a senti «une très grande ouverture» de la part des autorités françaises .
En termes diplomatiques, cela signifie que Paris devrait sortir son porte-monnaie pour indemniser la Confédération et les cantons, actifs pour éviter d’éventuels débordements de la part des antimondialistes.
L’affaire irakienne passée, le G8 terminé, la France continuera-t-elle à soigner de la même façon son voisin?
«Je crois que les deux ministres francophones ont réussi mieux que leurs prédécesseurs à établir de bons contacts avec Paris», remarque un responsable de l’ambassade de France à Berne.
swissinfo, Ian Hamel à Paris
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