Présence Suisse doit se serrer la ceinture
L'organe de marketing national voit son budget 2003 réduit de 6%, ce qui va l'obliger à différer certains de ses projets. Et cette restriction en annonce d'autres.
Présence Suisse (PRS) est malgré tout bien décidée à faire la preuve de son utilité.
PRS est née à la fin de l’an 2000, sur les cendres de la défunte Commission de coordination de la présence de la Suisse à l’étranger. Sa mission: redorer l’image sérieusement ternie du pays après l’affaire des fonds en déshérence.
Avec sa vingtaine de collaborateurs, PRS concentre ses activités sur les pays directement voisins de la Suisse, ainsi que sur le Royaume-Uni, l’Espagne, les Etats-Unis, le Japon, la Chine et l’Inde.
Ses missions sont très diverses et vont de l’invitation de délégations étrangères en Suisse à l’organisation de «happenings» avec de la neige artificielle et des yodleurs.
Menaces sur l’avenir?
Pour 2003 donc, PRS devra remplir ses tâches avec 12 millions de francs, soit 800 000 de moins que prévu. D’autres coupes budgétaires devraient intervenir ces prochaines années, mais Johannes Matyassy, directeur de PRS, ne peut pas encore les chiffrer.
Faut-il dès lors craindre pour l’avenir de PRS, dont le budget ne représente pourtant qu’un demi pourcent de celui du Ministère des Affaires étrangères, dont elle dépend?
Officiellement, aucun démantèlement n’est à l’ordre du jour. Lors de sa visite en Espagne, le président de la Confédération Pascal Couchepin a encore réaffirmé son attachement à PRS, qui mène cette année une grande offensive de charme dans le pays.
«C’est à nous de mieux expliquer, et notamment aux médias, ce que nous faisons», juge de son côté Johannes Matyassy, qui se dit persuadé que sa ministre de tutelle, Micheline Calmy-Rey sait, quand à elle, très bien à quoi sert PRS.
«Nous avons également un très fort soutien des ambassadeurs suisses à l’étranger, ajoute Johannes Matyassy. Car n’oublions pas que 96% de notre budget sert à soutenir le travail accompli par les ambassades.»
A des jours meilleurs
Il n’empêche: pour 2003, PRS va devoir différer trois projets: une étude sur l’image de la Suisse auprès du public italien (après la France, l’Espagne et l’Allemagne), la traduction en japonais du site web «La Suisse en vue» et une vaste étude sur la presse étrangère.
Remis à des jours meilleurs, ce dernier projet consiste en une comparaison entre la manière dont les grands événements suisses font la «une» dans le pays et ailleurs.
«Au moment du grounding de Swissair, nous avons eu l’impression que le monde entier avait les yeux rivés sur la Suisse, explique Johannes Matyassy. Une telle étude pourrait dans ce domaine réserver bien des surprises.»
swissinfo, Marc-André Miserez
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