Sepp Blatter réélu à la tête de la FIFA
Le Suisse Joseph Blatter, 66 ans, a été réélu mercredi à Séoul par le Congrès de la FIFA. Il décroche un deuxième mandat d'une durée de quatre ans.
Les affaires n’ont pas eu raison du Suisse Sepp Blatter, réélu mercredi président de la Fédération internationale de football (FIFA) pour quatre ans aux dépens de son rival, le Camerounais Issa Hayatou, président de la Confédération africaine.
Sepp Blatter, qui avait succédé à la tête de la FIFA au Brésilien Joao Havelange en 1998, a obtenu 139 voix contre 56 à son adversaire lors d’un vote à bulletins secrets organisé lors du congrès ordinaire de la FIFA à deux jours du coup d’envoi du Mondial 2002.
Installer la paix
«Le peuple du football ne ment pas, s’est réjoui Joseph Blatter. Je prends note de votre confiance, en la FIFA et en ma personne». Et de marteler: «je dois installer la paix dans cette famille et je le ferai, je le ferai».
«Vous avez fait honneur à votre continent. Je vous remercie et vous félicite», a dit Sepp Blatter au vaincu. «Je me joins à vous pour dire à Monsieur Blatter ‘félicitations’ et qu’il peut compter sur ma collaboration comme par le passé pour exercer sa présidence», a pour sa part déclaré Hayatou au Congrès.
La campagne a été marquée par de virulentes allégations à l’encontre du patron suisse de l’organisation, accusé de malversations et de détournements de fonds par plusieurs hauts responsables de la FIFA réunis autour de Hayatou.
Sepp Blatter, contre lequel une plainte a été déposée devant un tribunal suisse par 11 des 24 membres du comité exécutif de la FIFA pour mauvaise gestion des finances, a quand même pu compter sur le soutien des fédérations nationales.
Michel Zen-Ruffinen veut rester
La réélection triomphale de Joseph Blatter n’a pas convaincu son secrétaire général, et détracteur déclaré, Michel Zen-Ruffinen de démissionner de son poste.
«Je ne démissionnerai certainement pas. Pourquoi le devrais-je?», a-t-il déclaré à l’issue du scrutin. Il a regretté que les délégués au Congrès, représentant leurs fédérations nationales, aient préféré préserver leurs intérêts plutôt que ceux de leur sport.
«Je suis très content pour lui, a-t-il affirmé. Mais les fédérations ont davantage pensé à leurs intérêts particuliers qu’à la FIFA».
Auteur d’un rapport sur la gestion des finances de l’institution accusant Joseph Blatter d’irrégularités, corruption et manipulations, le Suisse Zen-Ruffinen ne croit pas que l’appel à l’unité de la FIFA lancé par le président dès sa réélection proclamée puisse être entendu.
«Cela va être très compliqué pour lui de réunifier la famille divisée. Personne ne peut se mettre d’accord sur les chiffres, ce qui signifie que le conflit va perdurer et les membres du Comité exécutif, qui ont perdu une bataille aujourd’hui, vont continuer le combat», a-t-il estimé.
Un Ecossais rentre dans les rangs
Pour l’Ecossais David Will, l’un des vice-présidents de la FIFA qui, deux heures avant l’élection, tentait encore de convaincre le Congrès des truquages de comptes auxquels se serait livré Sepp Blatter, celui-ci a remporté «une victoire étourdissante».
«Le résultat est on ne peut plus clair. Le Congrès s’est prononcé et maintenant il nous faut travailler ensemble. Cela ne sera pas facile mais j’espère y parvenir», a-t-il confessé
swissinfo avec les agences
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