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Trois soldats suisses à Bagdad

Les drapeaux onusien et irakien. Keystone Archive

Trois experts de l'armée suisse se rendent mercredi en Irak pour préparer la remise en état du quartier général des inspecteurs des Nations Unies.

La Confédération helvétique contribue, à sa manière, au désarmement du régime de Saddam Hussein.

Cette fois c’est officiel: à la demande de l’ONU, trois experts en construction du Corps suisse des gardes-fortifications vont s’envoler pour Bagdad. Leur mission: préparer la remise en état du quartier-général de la Commission de contrôle et de vérification de l’ONU (COCOVINU).

Cette commission est chargée, rappelons-le, de vérifier si l’Irak a bel et bien détruit toutes les armes de destruction massive qu’il détenait. Et s’il n’a pas, aujourd’hui, de programmes concernant la mise au point d’un tel armement.

Un délai de cinq semaines

Les trois experts de l’armée suisse seront suivis d’un 2e détachement. Autrement dit, de dix à quinze autres gardes-fortifications qui effectueront les travaux proprement dits, dans un délai d’environ cinq semaines.

Et c’est après seulement que les inspections pourront commencer. Pour autant que le régime du président Saddam Hussein joue le jeu, bien sûr.

Souvenez-vous, en décembre 1998, les inspecteurs de la précédente Commission (UNSCOM) avaient été expulsés manu militari à la suite d’un conflit avec Bagdad sur l’accès à huit sites dits ‘présidentiels’.

Une expulsion manu militari

Pour autant, Heiner Staub se dit optimiste. Et le chef du service du désarmement du Laboratoire suisse de recherches atomiques, chimiques et biologiques de Spiez sait de quoi il parle. Il a lui-même participé à plusieurs missions d’inspection en Irak en 1994 et en 1995.

Malgré les délais très courts qui leur ont été fixés suite aux «menaces» et aux pressions «exercées depuis des mois par les Etats-Unis», estime Heiner Staub dans les colonnes l’hebdomadaire Facts, la mission des inspecteurs de l’ONU n’est «pas impossible».

Tout d’abord, parce que les données et les informations dont ils disposent seraient déjà abondantes. Ensuite, parce qu’ils seraient relativement bien armés pour trier le bon grain de l’ivraie.

Des inspecteurs alibi?

Cela dit, le patron du Laboratoire de Spiez admet qu’il existe toujours «une marge d’appréciation». Un expert serait en effet plus ou moins enclin à croire l’information qui lui est fournie suivant son «point de vue» personnel, voire sa «nationalité».

A l’époque où il était inspecteur en Irak, Heiner Staub aurait constaté «de grosses différences entre Européens et Américains».

L’ONU devrait d’ailleurs faire «très attention», précise le chef du Laboratoire de Spiez. Attention à ce que cette nouvelle mission «ne soit pas dominée par les Américains».

Et Heiner Staub d’ajouter: «Ce serait très mauvais si les experts d’autres pays servaient uniquement d’alibi».

Pour lui, il ne faut pas oublier que l’Irak est un pays du Tiers-Monde. A cet égard, le fait que Bagdad n’ait pas toujours fourni immédiatement les données détaillées et les chiffres disponibles sur ses usines biologiques et chimiques n’aurait pas «toujours» été «de la ruse ou de la mauvaise volonté».

Un accueil ouvert et cordial

Interrogé par swissinfo, Heiner Staub précise que l’accueil qu’il a personnellement reçu en Irak a généralement été «très ouvert et très cordial». Mais il confirme aussi l’existence de problèmes surtout lorsque des inspecteurs de l’ONU voulaient entrer dans certains bâtiments officiels.

Mais beaucoup de choses ont changé depuis les années 90. D’ailleurs, souligne le patron du Laboratoire de Spiez, la prochaine mission d’inspection des Nations Unies est composée «de nouvelles têtes».

swissinfo/Michel Walter

En vertu de la résolution votée par le Conseil de sécurité des Nations Unies:

– L’Irak doit fournir, d’ici au 8 décembre, une déclaration «sur tous les aspects de ses programmes de mise au point d’armes» de destruction massive et de «vecteurs» tels que les fusées balistiques.

– Les inspecteurs de l’ONU doivent commencer leur travail en Irak au plus tard le 23 décembre.

– Ils doivent déposer leurs conclusions au plus tard le 21 février 2003.

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