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Un jubilé pour retrouver l’esprit des pionniers

Madeleine Luethi, la consul honoraire de Suisse à St-Pétersbourg. Alexandra Stark

Si la Suisse n’a pas participé aux manifestations officielles, les relations qu’elle a nouées depuis longtemps avec St-Pétersbourg et la Russie sont profondes.

Madeleine Luethi, consul honoraire, décrit à Daniele Papacella l’ambiance de la ville.

Consul honoraire de Suisse à St-Pétersbourg, Isabelle Luethi s’occupe de la gestion d’un hôtel et d’une école de langues dans l’ancienne capitale impériale.

Elle décrypte à la fois l’évolution récente de la cité tout en revenant sur les liens qui lient la Suisse et St-Pétersbourg.

swissinfo: Quelle est l’utilité de cette grande célébration?

Isabelle Luethi: c’est la démonstration de la confiance retrouvée à la fois de la ville et du pays. Et traditionnellement, St-Pétersbourg hérite d’une longue tradition de ville ouverte.

Des scientifiques et des architectes du monde entier ont investi cette ville dans le passé. A l’époque de Pierre le Grand, les conditions cadres étaient favorables à toutes sortes de développements et cette manifestation augure certainement d’une renaissance de l’esprit des pionniers originels.

Le président Poutine cherche certainement aussi à battre en brèche les clichés dont souffre la Russie depuis la chute du communisme.

swissinfo: Pour quelles raisons la Suisse participe-t-elle activement à ces célébrations?

I.L.: Il existe des liens historiques profonds entre les deux pays. Ils remontent à Domenico Trezzini, l’architecte tessinois qui fut le premier maître d’œuvre de la ville. Mais les autres cantons entretiennent aussi des relations importantes avec la ville et le pays.

swissinfo: Et concernant plus particulièrement les Swiss days?

I.L.: Présence suisse coordonne les activités officielles, mais les relations qui unissent les deux pays existent depuis longtemps. Le canton du Tessin, par exemple, a conclu un partenariat avec St-Pétersbourg en 2000 déjà. Il porte avant tout sur la promotion du travail des architectes qui ont participé à la construction de la ville.

Grâce à la présence de François Lefort l’année passée, Genève a également pu renouer avec l’ancienne capitale impériale. Mais cette année, l’occasion est donnée à la Suisse officielle d’améliorer les relations entre les deux pays.

swissinfo: Dans le contexte actuel, comment évoluent les relations commerciales?

I.L.: Il faut beaucoup de patience car les choses sont bien plus compliquées qu’en Suisse. La Russie n’a pas encore trouvé sa propre voie de développement. C’est en 1992 seulement que l’Etat a procédé à la libéralisation des prix.

Mais s’agissant de la ville, beaucoup a été fait. Beaucoup de bâtiments ont été rénovés, ce qui n’a pas manqué d’avoir un impact sur l’activité économique se traduisant par le développement de certaines entreprises.

Mais la vie économique reprendra aussi. Jusqu’à présent, Moscou a concentré l’essentiel de l’activité économique. Près de 400 Suisses habitent aujourd’hui à Moscou alors qu’il n’y en a que 40 à St-Pétersbourg.

La création d’un business hub, comme celui de Moscou ou ceux qui existent dans d’autres capitales en Europe centrale, n’est pas encore prévue. Mais ce rendez-vous de juillet, pourrait bien contribuer à l’essor de la ville dont le développement sera observé de plus près.

swissinfo: Quelle est l’importance de la corruption?

I.L.: Pour survivre dans l’économie locale, il est indispensable d’avoir un partenaire russe digne de confiance et d’agir conformément à la loi. C’est la seule façon pour se défendre devant un tribunal garant de relations honnêtes entre les deux parties.

Mais la saison n’est plus aux projets pharaoniques. Les petites collaborations sont celles qui marchent le mieux.

swissinfo: L’aide au développement se justifie-t-elle?

I.L.: Oui, il y a encore beaucoup à faire. Les maladies se développent parce qu’il y a encore trop de victimes de l’écroulement du système communiste. Les prisons sont surpeuplées et beaucoup de détenus souffrent de ces conditions difficiles.

Et puis il y a aussi le développement de maladies comme l’hépatite, la tuberculose ou le sida. Raison pour laquelle les efforts des pays développés, et donc de la Suisse, doivent s’intensifier

swissinfo: Qu’attend la Suisse des journées de juillet?

I.L.: En février prochain, il y aura une exposition à l’Hermitage sur les architectes tessinois, St-Pétersbourg sera invitée au Tessin dans le cadre d’un échange en marge des 200 ans de l’Acte de Médiation et des 300 ans de la ville.

Interview swissinfo: Daniele Papacella
(Traduction: Jean-Didier Revoin)

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