Un péroniste qui plaît aux non-péronistes
Dauphin du président sortant Eduardo Duhalde, Nestor Kirchner est parvenu à élargir sa candidature au-delà des rangs péronistes.
Il s’adresse à de larges pans de la classe moyenne argentine.
Inconnu du grand public jusqu’il y a peu, Nestor Kirchner est, depuis 1991, gouverneur de Santa Cruz, la province pétrolière située au sud de l’Argentine.
Ce descendant de Suisses émigrés en Argentine se présente comme le héraut d’une rénovation du Parti justicialiste (péroniste), tout en tenant un discours qui flirte à gauche. Il propose, entre autres, de renationaliser certains services publics.
Campagne critique
Le candidat patagon a axé sa campagne sur une critique incessante de l’ancien chef de l’Etat Carlos Menem, péroniste comme lui, qu’il considère comme son principal rival.
Accusé par ses rivaux d’être le pantin du président sortant, Nestor Kirchner ne perd pas non plus une occasion de se démarquer de lui.
Il a pris ainsi le risque de provoquer la grogne d’une partie de l’appareil péroniste, notamment dans la province décisive de Buenos Aires, que l’on dit sensible à la campagne de Carlos Menem.
Ses critiques en ont toutefois fait le candidat péroniste le plus acceptable pour les non-péronistes, issus des classes moyennes, qui représentent 40% de l’électorat.
Les soutiens du candidat Kirchner
Nestor Kirchner est desservi par un certain manque de charisme et sa faible notoriété nationale. Avec ses yeux tombants et sa silhouette d’échassier efflanqué, il souffre d’une ressemblance infortunée avec un célèbre comique local.
Son épouse Cristina Fernandez Kirchner est une sénatrice influente. Pugnace et populaire, bonne oratrice, elle fait de l’ombre à son pâle époux. Selon le magazine politique Noticias, elle est d’ailleurs «la principale attraction de la campagne».
Habilement, Nestor Kirchner s’est adjoint l’ancien champion de motonautisme Daniel Scioli comme vice-président (jusqu’ici considéré comme un proche de Carlos Menem).
Cette annonce a permis à sa candidature de progresser de plusieurs points dans les sondages.
Enfin, l’élu patagon bénéficie aussi du soutien du très respecté ministre de l’économie Roberto Lavagna. Qui pourrait conserver – du moins pour un temps – ses fonctions dans une future administration Kirchner, afin de faciliter la transition.
swissinfo et les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.