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Un Vert au service des Suisses de l’étranger

Ruedi Baumann a démissionné ce week-end de son poste de président du Parti écologiste suisse. Keystone Archive

Après celle des écologistes, Ruedi Baumann veut servir la cause des Suisses de l'étranger.

Déjà établi dans le Sud de la France depuis l’été, Ruedi Baumann a démissionné ce samedi de son poste de président du Parti écologiste suisse. Lors de son dernier discours devant l’assemblée des délégués à Frauenfeld, il est revenu sur les quatre ans passés à la présidence des Verts. M. Baumann a notamment souligné le travail réalisé dans un esprit d’équipe et de franchise. Les Verts sont aussi parvenus à porter leurs idées dans la conscience collective.

Les délégués ont désigné comme successeur deux coprésidents, le Genevois Patrick Mugny et la Zurichoise Ruth Genner.

Changement de vie

Ruedi Baumann n’entend cependant pas rompre définitivement avec la vie politique. «A 53 ans, j’ai encore besoin d’avoir une perspective professionnelle pour gagner ma vie, déclare Ruedi Baumann. Surtout que, comme écologiste, je ne peux pas vraiment compter sur les jetons de présence des conseils d’administration.»

«Or, en Suisse, les perspectives de la branche agricole ne sont pas roses du tout, poursuit-il. Mais, à mon âge, j’ai encore la possibilité de débuter une nouvelle activité, qui comprend naturellement un risque calculé.»

L’écologiste bernois a décidé de s’occuper d’une exploitation biologique en France. La grandeur des domaines hexagonaux lui offre en effet de meilleures possibilités de développement.

Réflexion en cours

Malgré son départ du pays, Ruedi Baumann a décidé de conserver son mandat de conseiller national jusqu’à la fin de son mandat, c’est à dire dans deux ans. Il pourrait même briguer à nouveau un mandat lors des élections fédérales de 2003.

Ce faisant, il pourrait représenter les Suisses de l’étranger. «Je ne peux pas m’autoproclamer candidat des Suisses de l’étranger, mais j’ai déjà eu de nombreux contacts avec des Suisses qui vivent hors de frontières nationales, spécialement dans le sud de la France et avec des personnes qui veulent également émigrer», précise Ruedi Baumann.

«Pour le moment, je ne suis pas actif dans l’Organisation des Suisses de l’étranger, mais je n’exclus pas de m’y investir dans le futur, poursuit-il. Je songe à une candidature, mais je me rends compte qu’il est difficile de suivre la politique suisse depuis le sud de la France.»

«Au Conseil national, je suis membre de la Commission de politique extérieure et je pense donc que la vision de quelqu’un d’extérieur au pays ne nuirait pas au Parlement, déclare-t-il encore.

«Si j’étais élu comme représentant des Suisses de l’étranger, mon devoir ne changerait pas fondamentalement par rapport à aujourd’hui: un député est élu pour représenter les citoyens suisses, qu’ils se trouvent au pays ou à l’étranger», conclut Ruedi Baumann.

Chance historique

Les Suisses de l’étranger ont le droit de vote et l’éligibilité. Mais pour l’heure, aucun d’entre eux n’a jamais réussi à se faire élire au Parlement.

Le défit est en effet difficile à relever, le candidat de l’extérieur devant venir se présenter dans une circonscription en Suisse. Du coup, il n’y est que très peu connu et ne peut pratiquement compter que sur le vote de ses compatriotes expatriés.

Mais une candidature de Ruedi Baumann pourrait représenter une chance historique pour les Suisses de l’étranger. En effet, en s’étant déjà fait élire sur place, l’écologiste bernois n’a pas ce genre de handicap.

L’épouse aussi

A noter encore que l’épouse de Ruedi Baumann, Stéphanie, est également conseillère nationale. Elle représente pour sa part les couleurs socialistes.

Stéphanie Baumann a également émigré en France, mais, pour l’heure, elle a conservé ses papiers dans le canton de Berne. Une éventuelle candidature représentant les Suisses de l’étranger n’est donc pas encore à l’ordre du jour.

Olivier Pauchard

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