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Une machine à dons bien rodée

Affiche de la campagne "pour la mère et l'enfant". www.mamma.ch

L'initiative dite «pour la mère et l'enfant» mène une importante campagne contre l'avortement. Et cela grâce à un financement particulier: des dons privés.

«Nous ne pouvons pas rivaliser avec la campagne menée par l’Aide suisse pour la mère et l’enfant», lance d’emblée Anne-Marie Rey, coprésidente de l’Union suisse pour dépénaliser l’avortement (USPDA).

Trois campagnes d’affichage, une brochure, un prospectus et des publicités dans les journaux: l’Aide suisse pour la mère et l’enfant (ASME), auteur de l’initiative du même nom, n’a pas lésiné sur les moyens.

Bagarre financière

«Le budget de notre campagne actuelle est de trois millions de francs», précise Magali Wittwer-Boyer, présidente de l’ASME. L’organisation «Oui à la vie», qui soutient également l’initiative, agit de son côté.

Selon les estimations de l’USPDA, l’Aide suisse pour la mère et l’enfant aurait déboursé au moins 5 millions de francs depuis le lancement de sa campagne, en juin 1998.

Ces chiffres ne surprennent pas Urs Rellstab, responsable de ce type de campagnes chez economiesuisse. Et provoquent la colère des partisans de la dépénalisation de l’avortement qui préféreraient voir cet argent utilisé pour aider des femmes et des familles dans le besoin. De leur côté, ils annoncent un budget de 400’000 à 500’000 francs.

L’ASME répond que le changement constitutionnel proposé par son initiative permettrait précisément d’améliorer la situation de ces femmes.

345 000 sympathisants

Autre interrogation: comment cette campagne est-elle financée? Traditionnellement, economiesuisse met son appareil à disposition des campagnes du camp bourgeois. Alors qu’à gauche, le financement dépend beaucoup plus des partis.

L’ASME, elle, ne peut pas compter sur de tels soutiens. Reste une foule de sympathisants. Magali Wittwer-Boyer parle de 345 000 personnes.

«Nous recevons beaucoup de petites sommes, la majorité entre 10 francs et 50 francs, poursuit Magali Wittwer-Boyer. Parfois, les dons sont plus conséquents, mais ils restent privés.»

Certains s’interrogent en effet sur la présence de mécènes plus importants. Mais il n’est pas possible d’en savoir plus: la législation suisse ne prévoit aucune transparence dans ce domaine.

«Ce mouvement a mis en place une véritable machine à dons», confirme Jürg Frischknecht. Selon ce journaliste alémanique, spécialiste de la question, une rumeur précise qu’un inconnu aurait fourni une garantie financière à l’ASME lors de sa création.

Pari réussi: l’association a désormais suffisamment de sympathisants. Et quelle que soit la décision du peuple le 2 juin prochain, cette «machine à dons» continuera d’exister.

swissinfo/Caroline Zuercher

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