A Genève, les Européens restent sur leur garde
Le secrétaire général des Nations unies a appelé mercredi la communauté internationale à accueillir plus de Syriens chassés de leur pays par cinq années de guerre, à l'occasion d'une conférence organisée à Genève par le Haut-Commissariat pour les réfugiés. Mais les pays européens, Suisse comprise, y ont fait profil bas.
«Aujourd’hui, je demande aux pays d’agir avec solidarité, au nom de notre humanité commune, en promettant des voies nouvelles et supplémentaires pour l’admission de réfugiés syriens», a déclaré Ban Ki-moon devant les représentants de 92 pays, d’organisations gouvernementales et non gouvernementales.
A la fin de la conférence, Filippo Grandi, haut-commissaire aux réfugiés, a annoncé que 6.000 places de plus avaient été promises. L’Union européenne a en outre proposé 54.000 places qui n’ont jamais été attribuées dans le cadre de son propre plan de répartition pour accueillir des réfugiés syriens actuellement en Turquie.
Le compte rendu de la conférence avec la RTSLien externe.
«Nous ne pouvons pas répondre à une crise de réfugiés globale en fermant des portes et en dressant des barrières», a insisté Filippo Grandi, dans une allusion à l’accord conclu entre l’Union Européenne et la Turquie concernant le renvoi de nouveaux migrants qui arriveraient en Grèce.
Le HCRLien externe a exprimé à plusieurs reprises sa préoccupation à l’égard de cet accord visant à mettre un terme aux réseaux de trafiquants, en rappelant que la garantie du droit d’asile devait être prioritaire.
Déplorant également l’issue des discussions, l’ONG OxfamLien externe et le Conseil norvégien pour les réfugiés ont déploré «un déficit choquant de volonté politique et morale. Pratiquement aucun des Etats représentés n’a fait preuve de la générosité requise.»
Au total, le HCR compte relocaliser 480.000 réfugiés syriens, soit 10% du total, avant la fin 2018, mais reconnaît qu’il sera difficile de surmonter les craintes, attisées par l’intense débat politique suscité par la crise migratoire.
Comme l’explique l’ONULien externe, la réunion du 30 mars fait partie des initiatives prévues en 2016 pour régler d’une manière globale la situation syrienne. Elle contribue aussi à un processus plus large face aux mouvements de grande ampleur de réfugiés et de migrants. Et ce dans la perspective d’une réunion plénière de haut niveau de l’Assemblée générale en septembre 2016.
swissinfo.ch avec la RTS (Téléjournal du 30 mars 2016)
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