L’ONU condamne l’interdiction des minarets
La Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a estimé mardi que l'interdiction des minarets décidée par le peuple suisse est «clairement discriminatoire». Pour Navi Pillay, ce vote «risque de mettre le pays en contradiction avec ses obligations internationales».
Dans un communiqué d’une page, la Haut Commissaire affirme que l’interdiction des minarets est «discriminatoire, divise profondément et est une décision tout-à-fait malheureuse pour la Suisse». Elle estime que cette décision est le résultat d’une campagne électorale «attisant la peur». «J’hésite à condamner un vote démocratique», ajoute Navi Pillay, «mais je n’ai aucune hésitation à condamner des campagnes politiques alarmistes anti-étrangers qui ont lieu dans certains pays, y compris la Suisse, et qui contribuent à produire de tels résultats».
«Les politiques fondées sur la xénophobie et l’intolérance sont extrêmement préoccupantes, où que ce soit», a-t-elle poursuivi en dénonçant «la tendance extrêmement inquiétante» révélée par «les affiches ouvertement xénophobes utilisées (en Suisse) pour ce référendum et d’autres campagnes récentes visant les demandeurs d’asile, les migrants ou les étrangers en général».
La Haut commissaire a rappelé que le Comité des droits de l’homme de l’ONU avait averti le 3 novembre dernier qu’une interdiction des minarets constituerait une violation des engagements souscrits par la Suisse dans le cadre de la Convention de l’ONU pour les droits civils et politiques. L’ONU avait déjà fait savoir lundi que des experts se penchaient sur la conformité de cette initiative sur le plan légal.
Par ailleurs, les réactions négatives continuent à affluer deux jours après l’acceptation par le peuple suisse (57,5%) de l’initiative anti-minarets. L’Iran, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, estime que cette interdiction contredit le principe de liberté religieuse prôné par l’Occident. En Jordanie, le Front de l’action islamique (FAI), branche politique des Frères musulmans et principal parti d’opposition du pays, voit dans ce vote une «insulte aux musulmans et une violation des droits de l’Homme».
swissinfo.ch et les agences
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