Recul du nombre de réfugiés dans le monde à 41,6 millions fin 2025
Environ 41,6 millions de personnes étaient réfugiées ou dans une situation de protection internationale dans le monde fin 2025, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Ce nombre a reculé de 1,2 million en un an après des reclassifications.
(Keystone-ATS) «Ce recul modeste est une bonne nouvelle», a affirmé à la presse le haut-commissaire, l’ancien président irakien Barham Saleh. Mais cette situation est liée à la naturalisation de certains réfugiés dans leur pays d’accueil ou à des reclassifications.
L’année dernière, près de 5,4 millions de personnes ont encore été contraintes de fuir les violences ou les persécutions, selon les chiffres dévoilés jeudi par l’agence onusienne à Genève. Plus de 4,3 millions sont elles rentrées dans leur pays, un chiffre plus important que d’habitude.
Mais 90% de ces retours ont eu lieu vers l’Afghanistan, le Soudan ou la Syrie, pas toujours dans des situations adaptées, selon le haut-commissaire. «La plupart des réfugiés veulent rentrer chez eux» si les conditions le permettent, ajoute M. Saleh, lui-même un ancien réfugié.
Cette année, le blocage d’Ormuz affecte l’assistance humanitaire distribuée par l’agence onusienne en Afrique et en Asie, notamment en raison de l’augmentation des prix des transports. Parmi les crises de réfugiés, «le Soudan m’inquiète. Le Liban m’inquiète. L’Afghanistan m’inquiète beaucoup», a affirmé à Keystone-ATS le haut commissaire. «L’Ukraine fait aussi face à une situation très grave», selon lui.
Moins de réinstallations
Parmi 117,8 millions de déplacés forcés internes ou dans d’autres pays fin 2025, 35,6 millions étaient réfugiés selon le mandat du HCR. Auxquels il faut ajouter 6 millions de personnes prises en charge par l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).
En plus du total, neuf millions étaient des demandeurs d’asile. Il faut préserver le système des instrumentalisations politiques, insiste le haut-commissaire.
En raison notamment du changement de politique américaine, les réinstallations vers des pays tiers ont chuté largement de 188’000 à moins de 82’000. «Ce chiffre doit augmenter», insiste M. Saleh. Les Etats-Unis ne sont plus que le troisième pays le plus généreux, loin derrière le Canada.
Quelques pays
Parmi les pays d’accueil de réfugiés, la Colombie est au premier rang. Six Etats rassemblent plus d’un tiers du total. Deux tiers des personnes réfugiées ou qui doivent avoir une protection internationale se trouvent dans un pays voisin du leur. Autre indication, 4,6 millions de personnes étaient apatrides fin 2025, dont plus de 40% étaient des Rohingyas.
Désormais, le HCR veut diminuer de 50% le nombre de personnes qui dépendent d’aide humanitaire dans les situations prolongées de réfugiés d’ici 2035. Environ 25 millions de personnes doivent rester au moins cinq ans en dehors de leurs pays.
Il faut que les pays d’accueil les associent à leur système d’emploi, d’éducation, de santé, de finances, explique le haut-commissaire. Et il faut aider les pays d’accueil à établir des infrastructures, étant donné que les Etats les plus pauvres reçoivent le plus de personnes, ajoute-t-il.