Roger Federer: «Je ne peux que me blâmer»
(Keystone-ATS) Tennis – Une superbe série a pris fin pour Roger Federer samedi à l’US Open.
Le Bâlois (no 3) ne remportera pas le moindre titre du Grand Chelem en 2011, ce qui ne lui était pas arrivé depuis 2002. Battu 6-7 (7/9) 4-6 6-3 6-2 7-5 par Novak Djokovic (no 1) en demi-finale, il a gâché deux balles de match consécutives à 5-3 40/15 sur son service dans le dernier set.
L’histoire se répète donc pour le quintuple vainqueur de l’épreuve (2004-2008), qui avait déjà bénéficié de deux balles de match successives dans leur demi-finale de l’an dernier. Mais c’était alors à la relance. «Je n’aurais jamais dû m’incliner. Je suis déçu, mais je ne peux que me blâmer», pestait-il. L’homme aux 16 titres du Grand Chelem estimait avoir joué de malchance sur la première balle de match, où Novak Djokovic lâchait un retour de coup droit gagnant venu de nulle part.
«Seul un joueur ne croyant plus en ses chances tente un coup comme celui-là», glissait le Bâlois, qui manquait sa deuxième balle de match sur une attaque de coup droit stoppée par la bande du filet. Le vent avait tourné, et Novak Djokovic renversait la vapeur en s’adjugeant les quatre derniers jeux face à un Roger Federer qui faisait profil bas.
«J’aurais aimé me retrouver en finale et m’offrir une chance de décrocher le titre. Mais ce ne sera pas le cas, et je dois l’accepter», poursuivait le Bâlois, pas plus touché que cela d’avoir vécu le même dénouement-catastrophe deux années d’affilée. «Tout est possible jusqu’à ce que le dernier point soit joué. C’est pour cela que nous aimons le sport, même si c’est parfois cruel. Cela fait mal. Mais ça aurait pu être pire. Cela aurait pu arriver en finale.»
Vainqueur d’au moins un titre majeur par an depuis son avènement à Wimbledon en 2003, Roger Federer n’a disputé qu’une seule finale de Grand Chelem depuis son 16e sacre de Melbourne en 2010, ce printemps sur la terre battue de Roland-Garros où il s’était incliné face à Rafael Nadal en quatre sets. Il avait déjà vu une autre impressionnante série prendre fin l’an dernier: son élimination en quart de finale à Paris l’avait privé d’une 24e demi-finale majeure successive.
«Je ne peux pas expliquer pourquoi je n’ai remporté aucun trophée majeur cette année. J’ai fait tout ce que je pouvais faire. J’aurais pu m’imposer à Paris, à Wimbledon et aussi ici. Peut-être m’a-t-il manqué un tout petit quelque chose, mais je ne sais franchement pas ce que c’est. Je serai extrêmement affamé au moment d’aborder l’Open d’Australie. Même si je n’avais pas besoin d’une défaite comme celle-là pour avoir faim de victoires», concluait-il.