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Découvertes genevoises pour la prévention d’accidents vasculaires cérébraux

Des chercheurs de l'Université de Genève ont réussi à cerner les vertus de la clustérine. Cette protéine a pour effet de protéger les cellules nerveuses lors d'accidents vasculaires cérébraux. Mais il reste encore beaucoup à faire avant d'appliquer cette découverte à l'homme.

Tout commence par la mise en commun des recherches de deux spécialistes de l’Université de Genève. D’un côté, le Professeur Pandelis Giannakopoulos, responsable de la clinique de psychiatrie gériatrique. A ce titre, il s’intéresse de près aux maladies vasculaires qui surviennent parallèlement au vieillissement du cerveau et causent des dommages souvent irrémédiables.

De l’autre côté, le Dr Lars French, directeur du laboratoire de dermatologie. Il mène, lui, des recherches sur la clustérine, une protéine qui existe normalement dans l’organisme et qui est secrétée par des cellules du système veineux et du système nerveux central.

«On ne savait pas très bien quelle était la fonction de cette clustérine, nous explique le Professeur Giannakopoulos. On savait juste deux choses: que c’est une protéine «sur-exprimée» quand une cellule est en danger et qu’elle a une propriété anti-inflammatoire.»

Avec des souris génétiquement modifiées

Pour leur recherche qui aura duré trois ans, les deux spécialistes ont mené des expériences sur des souris transgéniques offrant précisément cette particularité de «sur-exprimer» la clustérine. Ils ont alors découvert qu’après un accident vasculaire cérébral mais en présence d’une plus grande quantité de cette protéine, les cellules du cerveau les plus exposées à des nécroses se trouvaient considérablement mieux protégées.

«Ce que nous essayons de faire maintenant, poursuit le Professeur Giannakopoulos, c’est de synthétiser la clustérine sous une forme injectable intraveineuse. Si les résultats sont positifs, nous pourrons ensuite procéder à des essais cliniques.»

Les deux spécialistes naviguent toujours en pleine recherche fondamentale et on est donc assez loin d’une application directe de leur découverte. Il se passera quelques mois, voire davantage, avant qu’ils ne puissent envisager une collaboration concrète et précise avec l’industrie pharmaceutique.

«Le problème, selon le professeur Giannakopoulos, c’est que toutes les protéines qu’on a dans le sang ne passent pas nécessairement dans le cerveau. Il faut donc trouver le moyen d’administrer la clustérine pour qu’elle parvienne jusqu’au système nerveux central ou alors de mettre au point des substances qui stimulent sa production par l’organisme.»

A noter que cette découverte a d’ores et déjà été brevetée par l’Université de Genève et qu’elle fait l’objet d’une communication scientifique dans la livraison de septembre de la revue américaine Nature Medicine.

Bernard Weissbrodt, Genève

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