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L’abus d’alcool chez les jeunes reste un problème

Déguster oui, abuser non... Keystone

Dès lundi, spécialistes, ONG, ainsi que des représentants des jeunes et des gouvernements européens se réuniront à Stockholm pour se pencher sur la prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies chez les jeunes. Egalement concernée, la Suisse sera aussi présente.

Selon l’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA), 30% des adolescents et 17,4% des adolescentes absorbent de l’alcool chaque semaine. Pire, les jeunes sont toujours plus nombreux à s’adonner à une consommation excessive. Autrement dit à s’enivrer. Et Richard Müller, directeur de l’ISPA, de rappeler que «la première cause de décès chez les jeunes, c’est l’alcool».

En Suisse, en effet, l’alcool fait partie de la culture économique et sociale. Pour preuve, les plus de 15 ans consomment chaque année l’équivalent de 110 litres de vin. Ce qui les place au quatrième rang des buveurs.

Un faible pour la bouteille dont le prix est exorbitant. Selon l’ISPA, il alourdirait en effet de 3 milliards de francs l’ardoise annuelle des coûts de la santé. Un argument de poids qui devrait pousser les autorités politiques et médicales à empoigner le problème à bras-le-corps.

La Commission pour les questions liées à l’alcool veut pousser les instances décisionnelles à prendre des mesures concrètes en matière de prévention notamment. Elle vient d’ailleurs de soumettre un plan d’action national au Conseil fédéral.

La Commission demande davantage d’argent pour pouvoir intensifier les campagnes de sensibilisations auprès du public. Elle souhaite, en outre, que le corps médical soit impliqué plus étroitement et que les communes développent une véritable politique de lutte contre l’alcoolisme. Ce plan national comporte également un volet plus particulièrement consacré à la protection de la jeunesse.

«Les mesures préconisées visent avant tout à faire respecter les dispositions légales déjà en vigueur, souligne Richard Müller. Généralement, les cantons disposent d’un cadre juridique suffisant pour pouvoir limiter la consommation d’alcool chez les jeunes. Mais la loi reste, malheureusement, beaucoup trop souvent lettre morte».

Une dérive d’autant plus facile que l’alcool n’est pas considéré comme un stupéfiant. Pourtant, recherches scientifiques et chiffres à l’appui, les spécialistes confirment que la bouteille est l’une des drogues les plus destructrices. «En Suisse, l’alcool tue chaque année 3500 personnes, rappelle Richard Müller. Tandis que les drogues dures en tuent moins de 200».

Et Dominique Hausser, auteur du rapport quinquennal sur la prévention des dépendances à Genève, d’ajouter: «aujourd’hui, il est clairement prouvé que les risques liés à l’abus l’alcool sont nettement plus importants que ceux en rapport avec les substances dites illicites».

Dans son rapport, Dominique Hausser n’hésite donc pas à affirmer qu’il faut désormais traiter la bouteille comme n’importe quelle autre drogue. D’autant que les jeunes, eux, ne font pas la différence et qu’ils mélangent volontiers les substances psychotropes.

Et le spécialiste d’ajouter: «le problème des poly-toxicomanies est toujours plus préoccupant. Il faut donc rapidement trouver des structures susceptibles de faire face à ce problème». Pour Dominique Hausser, il faut que tous ceux qui sont impliqués dans la lutte contre les différentes toxicomanies unissent leurs forces et leurs deniers.

Richard Müller n’est pas tout à fait d’accord: «c’est vrai, la consommation de toutes les drogues vise à répondre aux mêmes types de malaises. Mais les gens succombent plus facilement à l’alcool parce qu’il est à portée de mains».

Et le directeur de l’ISPA de conclure: «dans nos sociétés, les dépendances sont avant tout licites. Et ce sont contre celles-là qu’il faut lutter en priorité».

Vanda Janka

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