L’UNESCO classe l’Entlebuch dans son réseau de réserves de biosphère
La vallée de l'Entlebuch, dans le canton de Lucerne, vient d'être reconnue par l'UNESCO comme une réserve de biosphère, autrement dit comme un modèle de conjugaison du respect de la nature et de la promotion économique. C'est une première en Suisse.
L’Entlebuch se situe au sud-ouest de Lucerne, dans un paysage de Préalpes. Ce territoire d’environ 400 kilomètres carrés comprend des hauts-marécages protégés et des massifs montagneux calcaires, comme le Napf et le Schrattenfluh, d’un grand intérêt géologique.
Depuis quelques années, les habitants et les autorités de cette région très peu industrialisée se sont engagés dans une politique de développement en s’efforçant de concilier de manière durable la protection de l’environnement, le développement économique et la sauvegarde des valeurs culturelles.
«C’est une région est assez pauvre, nous explique Engelbert Ruoss, chef du projet Réserve de biosphère Entlebuch. Et quand le besoin s’est fait sentir de protéger l’environnement, les gens se sont demandés comment ils pourraient continuer à vivre dans des zones protégées. C’est du côté de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture qu’ils ont trouvé réponse.»
L’an dernier, les huit communes de l’Entlebuch ont alors organisé un vote et soutenu massivement (94% de oui!) l’idée que cette région devrait être intégrée dans le réseau mondial des réserves de biosphère. C’est le gouvernement fédéral qui a ensuite relayé leur candidature auprès de l’Unesco.
Le défi concret du développement durable
L’appellation «réserve de biosphère» désigne des régions habitées et exploitées par l’homme selon des critères de développement durable et dans des formes qui permettent de tester cet objectif, de l’affiner, de le mettre en pratique et de le vulgariser.
Ces réserves, brièvement dit, ont donc trois fonctions: préserver les ressources naturelles, développer des activités écologiques et encourager la connaissance du milieu. Cela a forcément des conséquences concrètes sur le type d’agriculture pratiqué et la gestion des forêts, sur l’artisanat et le tourisme.
Voilà une région qui offre entre autres des possibilités de vacances-nature et de tourisme vert, des moyens de découverte et de formation à la diversité biologique ou des champs d’action pour des activités économiques créatives, sans oublier une large palette de produits régionaux de qualité pour gastronomes.
Pour les responsables du Management régional de l’Entlebuch, il ne fait aucun doute que cette reconnaissance internationale va contribuer au rayonnement de la région. «L’Entlebuch, disent-ils, se propulse d’elle-même du statut de région périphérique à celui de région modèle.» Ils en espèrent quelques retombées économiques positives.
C’est la première fois que l’Unesco se voyait proposer d’inscrire un site suisse au répertoire mondial des réserves de biosphère qui en compte désormais 411, réparties dans une centaine de pays.
Le Pays-d’Enhaut, dans le canton de Vaud, est également intéressé par une telle candidature. A en croire l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage, il remplirait en tout cas les conditions requises à son inscription.
Bernard Weissbrodt
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