La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Les délégués du PDC rendent hommage à leur ministre

Délégués et journalistes sont suivi de près le discours de la présidente du PDC Doris Leuthard. Keystone

L'hommage au ministre démissionnaire Joseph Deiss et les déclarations de Doris Leuthard, successeur pressenti, ont capté l'attention des délégués du Parti démocrate-chrétien.

Même si elle n’a pas été officiellement mentionnée samedi à Coire, la question de la succession a fait de l’ombre aux débats sur l’asile, les étrangers et Swisscom.

Devant les 202 délégués du Parti démocrate-chrétien (PDC / centre droit) réunis dans le chef-lieu du canton des Grisons, le ministre de l’Economie Joseph Deiss a déclaré quitter le gouvernement «serein et sans amertume».

«Je suis heureux de partir à un moment où l’économie va mieux et où mes relations avec le parti sont bonnes», a-t-il ajouté. En ce qui concerne les raisons de son retrait, le ministre n’a pas donné de nouveaux éléments. Il a toutefois reconnu que le climat politique actuel et les tensions au sein du gouvernement «ont joué un rôle en arrière fond».

Joseph Deiss a d’ailleurs critiqué le fonctionnement actuel du gouvernement. Il ne correspond pas à son idée. Selon lui, les ministres devraient travailler ensemble, se faire confiance et s’entraider, dans le but de trouver des compromis.

Hommage de la présidente

L’annonce de la démission est toutefois «restée en travers de la gorge» de la présidente du parti. «Nous respectons cette décision. Il nous faut maintenant nous asseoir et la laisser agir sur nous», a déclaré Doris Leuthard.

Malgré le dépit provoqué par cette démission, la présidente a rendu hommage au ministre démissionnaire. «Les faits parlent pour lui, a-t-elle dit. Il a réussi à stabiliser l’économie, il a gagné la confiance des agriculteurs, a gagné huit votations.»

Cet hommage a été partagé par les délégués présents à Coire. Ceux-ci ont réservé une longue «standing ovation» à leur unique représentant au gouvernement fédéral.

Doris Leuthard critique

Bien qu’elle n’ait pas officiellement témoigné son intérêt pour un poste de ministre, Doris Leuthard fait figure de grande favorite dans la course à la succession. C’est donc avec une grande attention que délégués et journalistes ont écouté ses paroles.

Dans un discours de politique générale, la présidente du PDC a vigoureusement critiqué le travail effectué durant la législature actuelle par le Parlement et le gouvernement. «Le seul projet vraiment important que nous ayons pu mettre sous toit, sont les bilatérales», a-t-elle jugé.

Cette Berne fédérale n’offre guère de «contenu constructif» et ni «aucune vision pour notre pays», a encore dénoncé la présidente. Et avec la polarisation qui s’accentue, «la concurrence entre les partis a pris des tournures grotesques».

Selon Doris Leuthard, la Suisse «a besoin de personne ayant une approche libérale et sociale, qui attachent de l’importance aux valeurs telles que la liberté et la solidarité, et qui s’engagent pour qu’un système économique libéral aille toujours de pair avec la responsabilité et la justice sociale».

Lois révisées approuvées

Plusieurs objets de politique fédérale étaient également à l’ordre du jour de cette assemblée. Parmi eux, les deux lois révisées, qui seront soumise au peuple lors des votations du 24 septembre.

Par 151 voix contre 45, les délégués du PDC ont approuvé la loi révisée sur l’asile. Ils ont également dit oui par 153 voix contre 37 à la révision de la loi sur les étrangers. La députée zurichoise Rosmarie Zapfl, entre autres, a dénoncé mais en vain, lors de la discussion générale, le caractère anti-humanitaire de certaines dispositions.

Les délégués ont aussi adopté par 105 voix contre 8 une résolution à propos de Swisscom, demandant d’une part une ouverture du marché et, de l’autre, refusant une privatisation. Cette dernière est considérée comme inadéquate, mal pensée et trop hâtive.

swissinfo et les agences

Seul représentant du Parti démocrate-chrétien au gouvernement, Joseph Deiss a annoncé sa démission jeudi dernier.
Cette annonce a constitué une grande surprise.
Il quittera le gouvernement le 31 juillet.
L’élection de son successeur aura lieu durant la session d’été du Parlement, au mois de juin.
Pour l’heure, le PDC n’a pas encore désigné ses candidats officiels. Mais la présidente du parti Doris Leuthard fait figure de grande favorite.

– Le Parti démocrate-chrétien est représenté au gouvernement fédéral depuis 1891.

– Il disposait traditionnellement de deux des sept sièges gouvernementaux.

– Mais suite à une longue suite de revers électoraux (de 20,2% des voix en 1983 à 14,4% en 2003), le PDC a perdu l’un de ses deux sièges au profit de l’Union démocratique du centre (UDC / droite dure) le 10 décembre 2003.

– Parti placé depuis longtemps au centre de l’échiquier politique et privilégiant une politique basée sur le compromis, le PDC souffre de la polarisation croissante de la scène politique.

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision