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Les nouvelles drogues ont aussi rendez-vous à Zurich

swissinfo.ch

La police zurichoise est sur le pied de guerre. Et les spécialistes de la lutte contre les toxicomanies misent sur la prévention et l'information auprès des participants à la 10e Street Parade pour écarter les dangers liés aux nouvelles drogues.

«La drogue circule en abondance, confirme Marco Cortesi, porte-parole de la police de la Ville de Zurich. Mais nous n’avons heureusement jamais rencontré de problèmes majeurs. Du moins jusqu’à présent.»

Pour que la fête soit belle, d’importantes forces de l’ordre quadrilleront le lieu où doit se dérouler la Street Parade. «Mais, face à une telle concentration de personnes, admet Marco Cortesi, nous sommes en partie impuissants.»

Impossible de contrôler les poches de tout le monde pour voir si elles contiennent des stupéfiants. Impossible aussi de dire quel est le pourcentage de jeunes qui s’adonnent à la consommation de drogue.

La recherche de l’euphorie

Une chose est sûre: depuis les années 90, parallèlement à la montée du mouvement techno, la consommation de substances synthétiques est en nette augmentation en Suisse.

A titre d’exemple, l’an dernier, la police zurichoise a saisi 11.874 pilules d’ecstasy et 17 417 doses de LSD. Des prises qui ont quasiment doublé en une année.

C’est qu’il y a des modes, en matière de drogue aussi. Après le chanvre et l’héroïne des années hippies, voici venu l’époque des drogues stimulantes. Celles qui permettent au consommateur de rester dans le coup. En apparence du moins.

«Aujourd’hui, explique Laurent Medioni, chef de la section contrôle des stupéfiants à l’Office fédéral de la santé publique, le consommateur recherche des stupéfiants qui procurent un certain état d’euphorie et favorisent les contacts avec l’extérieur. Et son choix se porte généralement sur des substances à base d’amphétamines.»

Une dizaine de substances de cette même famille se partagent actuellement le marché. Dont la fameuse ecstasy qui est, aujourd’hui, en voie d’être détrônée par des drogues autrement plus dures.

Les effets pervers de la pilule thaïe

Parmi les nouvelles venues, une méthamphétamine, communément appelée «wy» ou la «pilule thaïe», tient la vedette. «La première saisie de cette substance a eu lieu en 1998, dit Danièle Bersier, porte-parole à l’Office fédéral de la police. Initialement, cette drogue était consommée dans les milieux asiatiques. Mais elle est désormais largement répandue, notamment chez les amateurs de rave party.»

Pire, selon la police, la Suisse servirait de plaque tournante européenne et de marché test pour la commercialisation de ces fameuses pilules fabriquées en Thaïlande. De quoi inquiéter les autorités et les professionnels de la santé. D’autant que les effets pervers des pilules thaïes peuvent être dévastateurs.

«La méthamphétamine peut notamment provoquer des comportements agressifs et entraîner des états de psychose, avertit Laurent Medioni. Et elle entraîne un état de dépendance plus rapide et plus tenace que les autres drogues de synthèse.»

Alcool + drogue = danger

Autre tendance très prisée des milieux techno: le cocktail de substances synthétiques. Ainsi, l’alcool ou les médicaments à base de benzodiazépines sont fréquemment absorbés avec les amphétamines. «La méthode décuple les effets stimulants mais aussi les risques, précise Laurent Medioni.»

D’ailleurs, c’est pour informer les «ravers» sur les dangers des mélanges et sur ceux des nouvelles substances que l’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA) a décidé d’ouvrir une ligne téléphonique, durant le week-end de la Street Parade. Une hot line au service des consommateurs de pilules et autres speed

Nous ne pouvons pas empêcher la consommation de drogue, explique en substance Richard Müller, responsable de l’ISPA. «Mais nous pouvons au moins essayer de fournir une information claire pour tenter de réduire les risques.»

Vanda Janka

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