Les ONG suisses réclament une autre politique économique
Syndicats, oeuvres d'entraide et organisations d'action sociale ont rédigé une plate-forme commune en vue du sommet social. Ils demandent au Conseil fédéral de soutenir un changement de cap économique.
Tirant un bilan négatif du sommet social de 1995 à Copenhague, les principales ONG suisses estiment que la libéralisation des marchés engendre la pauvreté. Selon ces organisations, ce processus est partout à l’œuvre, en Suisse comme dans le reste du monde.
«On ne peut pas se contenter d’une meilleure prise en compte des questions sociales, martèle Peter Niggli, directeur de la Communauté de travail des oeuvres d’entraide. On doit changer de politique économique».
Peter Niggli espère que le rendez-vous de Genève permettra «de briser le discours économique dominant basé uniquement sur la croissance et la libéralisation des marchés». Le ton n’est donc pas vraiment à la conciliation parmi les ONG pourtant réputées favorables au dialogue avec les Etats.
Egalement membre de la délégation officielle suisse au sommet social de Genève, Peter Niggli enfonce le clou: «Le gouvernement suisse est apparemment plus ouvert au dialogue que d’autres. Mais dans les faits, il ne diffère pratiquement pas des autres gouvernements du Nord».
Colette Nova de l’Union syndicale suisse (USS) et Walter Schmid de la Conférence suisse des institutions d’action sociale font également partie de la délégation suisse. Ils vont plaider pour que la Suisse et les autres États s’engagent en faveur de mesures concrètes.
Les ONG suisses prônent en particulier le désendettement rapide et sans condition des pays les plus pauvres. Elles demandent également que les Nations unies s’engagent à Genève en faveur de la taxe Tobin sur les transactions financières à des fins spéculatives.
Selon les ONG, les résolutions de Copenhague valent également pour la Suisse. Elles pointent du doigt en particulier vers les «working poor», ces salariés dont le revenu ne permet pas de vivre décemment.
Les ONG espèrent qu’un dialogue pourra naître du sommet genevois. Mais elles vont surtout profiter de l’occasion pour réaffirmer leur position.
Frédéric Burnand
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