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Les pauvres n’ont guère la parole dans les médias suisses

Si vous n´avez pas le sou, il y a peu de chances que vous puissiez faire entendre votre point de vue. C´est la première conclusion d´une analyse, encore incomplète, menée par l´université de Zurich sur une dizaine de médias de Suisse alémanique.

C’est une jeune association – «Solidarnetz Armut», littéralement: «Réseau solidaire Pauvreté» – qui l’an dernier a eu l’idée de faire scruter l’image que donnent les médias des plus démunis de la société suisse. A sa demande, l’université de Zurich a lancé un programme de recherche et d’analyse systématique de tous les sujets traitant de ce thème et publiés dans dix grands titres (et dans les émissions TV) de Suisse alémanique.

Les premiers résultats de cette étude qui n’est pas encore achevée font apparaître des tendances tellement évidentes que ses commanditaires ont déjà jugé utile de les faire connaître. On peut les résumer en deux phrases: les médias préfèrent donner la parole aux «experts» plutôt qu’aux pauvres eux-mêmes, ils donnent également de l’importance aux questions d’aide sociale davantage qu’aux conditions de vie des familles dans le besoin.

L’analyse menée par les chercheurs zurichois montre, par exemple, qu’une très faible proportion des 260 sujets passés sous la loupe donnent le point de vue des personnes directement concernées. Celles-ci se sentent très vulnérables, certes, et l’on peut comprendre qu’elles manifestent une certaine méfiance vis-à-vis de journalistes qui s’intéresseraient de plus près à leur vie quotidienne. Mais cela n’explique pas tout.

Du côté de l’association «Solidarnetz Armut», on ne se montre en tout cas pas trop surpris des conclusions de l’enquête. Le chômage est à la baisse, l’économie reprend vigueur et, du coup, on fait comme si les pauvres n’existaient plus! On est pourtant loin de la réalité. De nombreuses familles, en Suisse, continuent de vivre dans des situations fort difficiles qui ne sont pas sans conséquences, entre autres, sur la vie des couples ou sur l’éducation des enfants.

Cette association est présidée par soeur Ingrid Grave, une religieuse dominicaine fort connue des téléspectateurs alémaniques et qui anime plusieurs rendez-vous spirituels réguliers sur les antennes régionales. Quant au groupe lui-même, il se situe pour ainsi dire dans la mouvance de l’Année internationale de lutte contre la pauvreté en 1996. Et il s’est donné pour objectif, non seulement d’attirer l’attention du grand public sur les problèmes liés à la pauvreté, mais celle aussi des hommes politiques. Après les médias, ce sont donc les discours de tribune et les débats parlementaires qui passeront au crible.

Bernard Weissbrodt

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