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Nelfinavir: Roche toujours sous pression au Brésil

Le médicament Viracept est au coeur de la dispute entre Roche et le Brésil. Keystone

Malgré de nouveaux contacts avec le ministère brésilien de la Santé, Roche n'a pas réussi à convaincre ses interlocuteurs. Le Brésil estime toujours que les prix de son médicament anti-sida Nelfinavir est abusif. Et surtout que les propositions du géant pharmaceutique bâlois restent insuffisantes.

Malgré la volonté d’apaisement affichée par Roche, le gouvernement campe sur ses positions. Le président de la filiale Ernest Egli a obtenu une audience à Brasilia après avoir laissé entendre que la multinationale helvétique pourrait faire de nouvelles concessions, avec éventuellement la fabrication locale de ce médicament employé dans la lutte anti-sida au Brésil.

Ouvert à toute nouvelle proposition

Toutefois, le ministère de la santé affirme qu’aucune avancée significative n’a été réalisée. Le Brésil se dit ouvert à toute nouvelle proposition, mais pour l’instant, les procédures en vue de la production locale d’un médicament générique, et donc moins cher, se poursuivent.

En clair, cela signifie casser le brevet du Nelfinavir – ce dispositif est prévu par la loi brésilienne en cas de prix abusifs ou d’urgence nationale.

Le Brésil défend un système de prise en charge des malades atteints du sida. L’efficacité de ce programme, qui a été reconnu dans le monde entier, a permis de diminuer de moitié le taux de mortalité.

Un cocktail de 12 médicaments est administré gratuitement aux patients. Mais l’achat du produit de Roche consomme plus du quart du budget du programme anti-sida. Le gouvernement cherche ainsi par tous les moyens à faire des économies.

Les pressions sur l’entreprise se sont accentuées ces derniers mois après que Merck eût accepté de baisser ses prix au Brésil et que les Etats-Unis aient abandonné des poursuites engagées contre le Brésil et l’Afrique du Sud devant l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Bénéfices élevés

L’industrie pharmaceutique affirme toutefois que des bénéfices élevés sont nécessaires pour financer la recherche et le développement de nouveaux médicaments.

La polémique qui se déroule depuis plusieurs mois au Brésil l’inquiète à plusieurs titres. Car exiger un prix élevé pour des médicaments qui permettent d’enrayer la progression du sida dans les pays en développement pourrait s’avérer une stratégie désastreuse en termes de relations publiques. D’un autre côté, céder pourrait inciter d’autres pays à adopter une même position de fermeté.

La Chine, par exemple, exerce actuellement de fortes pressions contre Merck et Smith Kline Beecham. Les pays africains pourraient également chercher à obtenir des réductions de prix sans respecter les brevets internationaux.

En outre, au Brésil même, Novartis – qui est également actionnaire de Roche – attend avec une certaine préoccupation l’autorisation officielle pour commercialiser le Glivec, un nouveau médicament employé dans la lutte contre la leucémie, et dont le prix est également fort élevé.

Thierry Ogier, Sao Paolo

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