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Partenariats suisses pour combattre l’avancée des déserts

Les méfaits de la désertification concernent quasiment un quart des terres immergées de la planète. Keystone Archive

Les États signataires de la Convention sur la lutte contre la désertification tiennent actuellement session à Genève. C'est aussi l'occasion pour chaque acteur, y compris la Suisse, de faire le point sur sa participation à une bataille qui n'est pas seulement écologique.

Hama Arba Diallo sait mieux que quiconque ce que prêcher dans le désert veut dire. Ce fils du Sahel est depuis plusieurs années, à Genève puis à Bonn, le secrétaire et donc homme-clé du suivi de la Convention de l’ONU sur la lutte contre la désertification, l’un des trois traités internationaux qui ont vu le jour dans la foulée du Sommet de Rio.

Lundi passé, à l’ouverture de la conférence annuelle des États parties, il ne cachait pas que «les progrès qui ont été enregistrés dans le cadre de la convention ont été ralentis par un manque de financement international suffisant et par la difficulté de réformer les institutions et les politiques dans les pays affectés».

Pour mémoire, on rappellera que les méfaits de la désertification concernent quasiment un quart des terres immergées de la planète et qu’un milliard de personnes en subissent les conséquences économiques et sociales. Tous les continents sont concernés, même si c’est à des degrés divers.

L’argent, voilà l’un des problèmes récurrents et des plus complexes de cette bataille. On estime qu’il faudrait 20 milliards de dollars par année pour la financer de manière efficace. Des idées sont lancées. Mais, le moins qu’on puisse dire, c’est que la conjoncture n’est guère propice à leur concrétisation. Le monde a les yeux tournés ailleurs que vers les déserts.

Une arme capitale: les savoirs locaux

La Suisse, grosso modo, consacre chaque année à cet objectif une bonne quarantaine de millions de francs dans le cadre de la coopération bilatérale en Afrique, en Asie et en Amérique latine. A quoi s’ajoutent quelques montants annexes destinés à des programmes spéciaux menés par le secrétariat de la Convention.

Si la contribution financière helvétique ne représente au bout du compte qu’un grain de sable face à l’immensité du défi, la Suisse s’efforce par contre d’apporter le meilleur de son savoir-faire dans un domaine absolument capital, celui de la mise en valeur des ressources locales des populations touchées par la désertification.

L’un des points forts de la Convention est en effet qu’elle donne le premier rôle aux collectivités rurales concernées. L’enjeu, ici, n’est pas tant financier ou technique que démocratique. Cette priorité accordée aux actions réalisables par les populations elles-mêmes est aussi l’une des bases de la philosophie de la coopération suisse (DDC).

Les projets de développement doivent être menés en collaboration étroite avec leurs acteurs immédiats. L’objectif essentiel, c’est de valoriser, d’améliorer, de renforcer les capacités et les compétences locales. C’est aussi de créer le plus grand consensus possible autour des ressources disponibles et de s’appuyer sur le savoir paysan.

Des partenariats sous toutes les formes

Au Niger, cela se traduit par exemple par la construction d’ouvrages de petite maçonnerie destinés à retenir l’eau des mares et par l’aménagement d’aires de pâturage où les communautés sédentaires et nomades trouvent chacune leur compte.

En Syrie, la DDC a soutenu la réhabilitation d’anciens systèmes d’approvisionnement en eau. Les connaissances traditionnelles ont été appliquées au nettoyage des «qanats», galeries inventées il y a trente siècles et creusées à la main pour acheminer l’or bleu des sources vers les zones d’habitation et de cultures. Les résultats positifs ne se sont pas fait attendre.

Mais ce partenariat avec les collectivités locales en appelle d’autres, aux échelons nationaux et régionaux, avec les institutions étatiques comme avec les organisations non-gouvernementales qui jouent un rôle moteur dans la société civile.

Un projet indien d’aménagement des bassins versants du Karnataka fournit un bel exemple de la philosophie du développement qu’entend promouvoir la Suisse: les citoyens fournissent travail et savoir-faire, l’État s’occupe des questions techniques et juridiques, et les ONG s’investissent dans les tâches de formation et d’animation des réseaux associatifs.

Lundi, à Genève, c’est à ce genre de réalisations que pensera sans doute Walter Fust, le directeur de la DDC, lorsqu’il prendra part à la réunion de haut niveau de la conférence sur la désertification. Sa conviction est faite: dans ce domaine, le succès passe aussi par l’établissement de partenariats véritables. Et c’est ce que la Suisse a de mieux à offrir.

Bernard Weissbrodt, Genève

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