Pourquoi Swatch ne participera pas à Expo.02
07.06.2001: L'exposition nationale n'accueillera pas Swatch. Les négociations entre le plus important groupe horloger mondial et les responsables d'Expo.02 ont échoué. A qui la faute?
A l’évidence, les responsables d’Expo.02 sont entêtés. Et Nicolas Hayek, le PDG du Swatch Group, lui, est un homme de constance et d’intransigeance.
Depuis longtemps, Nicolas Hayek souhaite participer à la manifestation, mais pas n’importe comment. Si le patron de Swatch est prêt à s’investir, il veut garder le contrôle de ce qui se fait. Cela semble tout à fait naturel. Car, généralement, qui paie commande.
Un état d’esprit qui n’est pas partagé par les responsables de l’exposition nationale. Pour eux, l’économie a le droit de payer. Et c’est tout. Le concept, la création, l’animation ne sont pas de son ressort mais exclusivement de celui d’Expo.02.
Il ne s’agit donc pas d’une collaboration, disent de nombreux groupes économiques. Qui dénoncent le diktat.
Et c’est mal connaître Nicolas Hayek que de croire qu’il allait se plier à de tels ordres. L’homme, qui pèse 4,3 milliards de francs de chiffre d’affaires par année, dont le groupe horloger est devenu, en 20 ans, le numéro un au monde, a l’habitude de maîtriser les projets qu’il lance.
Pour s’en convaincre, il suffit de voir combien le groupe Swatch est actif dans une multitude de domaines (artistique, sportif, Internet). Et de constater le succès qu’il rencontre à chaque fois.
Bref, la méthode Swatch paie. Pas question donc, pour Nicolas Hayek, de s’en laisser imposer une autre.
Ainsi la direction d’Expo.02 s’est coupée du dernier partenaire horloger possible. Et, comble de l’histoire, la manifestation, qui aura lieu dans une région dont l’horlogerie est une des raisons de vivre, ne parlera pas d’horlogerie.
La faute – on l’a compris – à des interlocuteurs dont les points de vues sont diamétralement opposés. A Nicolas Hayek qui veut imposer son propre projet. Et à Expo.02 qui, elle, ne veut pas – ne peut pas – faire une entorse à la règle appliquée aux autres sponsors. Même pour le numéro Un mondial de l’horlogerie.
Eric Othenin-Girard, Bienne
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