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Sommet social: la Suisse a réussi son pari

Le bilan du Sommet social de Genève est peu spectaculaire. Keystone

Le Sommet social de Genève s'achève dans une ambiance mi-figue mi-raisin. Il serait étonnant que les historiens le citent dans leurs chroniques. Mais ses organisateurs se réjouissent d'avoir jeté des ponts entre société civile et gouvernants.

Genève 2000 a promu de nouvelles initiatives qui vont dans le sens de la solidarité entre les nations et de la coopération entre tous les acteurs de la société. Pascal Couchepin, ministre suisse de l’économie, reconnaissait vendredi dans son intervention devant l’Assemblée générale des Nations unies, que ces initiatives sont «peu spectaculaires dans leur formulation». Mais il invitait à leur donner une véritable traduction sur le terrain. Elles sont, à ses yeux, ce qui permettra de «réussir la globalisation».

Réussite? Ce n’est pas le mot qui vient spontanément à l’esprit de ceux et celles à qui l’on demande, à chaud, de faire le bilan de ce sommet, en particulier dans les organisations non gouvernementales. Le ton y est à la déception, sinon à la désillusion, voire au découragement. Les ONG attendaient des gestes concrets, chiffrés, ciblés. Elles n’ont eu droit qu’à de vagues engagements de la part des gouvernements qui répètent leurs «on y pense», «on va examiner la question» et les inévitables «il faudrait que…».

De toutes les façons, ce n’est que dans quelques années que l’on pourra dire si Genève 2000 aura vraiment été utile. Certains ONG l’affirment déjà dans le sens où ce genre de rendez-vous permet de surveiller comment les gouvernements respectent les engagements sociaux qu’ils ont pris à Copenhague et, si besoin est, de se mobiliser pour leur faire la leçon.

Du côté de la Suisse officielle, on parle plutôt de dialogue. Et c’est sur ce thème que portent les premières évaluations. On sait que l’un des paris de ce Sommet social était précisément de jeter une passerelle entre les représentants des gouvernements d’un côté, et les acteurs de la société civile de l’autre. Opération réussie, dit-on parmi les organisateurs. Des délégations officielles ont participé au Forum civil, des ONG ont défendu leurs points de vue dans les couloirs du Palais des Nations.

Comparé à Copenhague où la protestation était aux premières loges, constate Jean-François Giovannini, membre de la délégation suisse, le Forum Genève 2000 s’est révélé plus intéressant grâce entre autres à la qualité des propos échangés dans ses multiples tables-rondes. Il y a un temps pour la colère, dit-il, il y a un temps aussi pour la réflexion. C’est cela qu’il convient d’abord de retenir de l’événement et qui permettra d’aller de l’avant.

Genève 2000 aura donc réuni près de sept mille participants, moitié ONU, moitié Forum civil. De ce point de vue, les organisateurs ont sans doute raison de parler de succès. On y mettra tout de même quelques bémols. D’abord le dédain des grands de ce monde: seuls huit chefs d’État et onze chefs de gouvernement ont fait le déplacement. Ensuite le désintérêt évident du grand public, genevois et suisse. Enfin – c’est peut-être le plus inquiétant – l’absence des représentants des associations populaires du Sud.

Si l’on veut vraiment leur donner la parole, peut-être faudrait-il organiser ce genre de sommet dans une ville du Sud, à Calcutta ou Hô Chi Minh-Ville, suggère Jean-François Giovannini. A une condition, renchérit un confrère journaliste. Que les participants, pendant cette semaine-là, ne reçoivent qu’un dollar par jour pour boire et manger: «Après tout, ils sont plus d’un milliard, les êtres humains qui vivent toute l’année comme ça!»

Bernard Weissbrodt

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