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Une task force pour suivre l’ESB à la trace

Le dépistage systématique n'est pas la panacée. Le Conseil fédéral ne manquera pas de le rappeler. Keystone Archive

Le Conseil fédéral a décidé de créer une unité de surveillance des programmes de lutte contre la maladie de la vache folle et d'allouer des fonds à la recherche sur le prion. Berne se refuse par contre à introduire un dépistage systématique de l'ESB.

La raison de ce refus persistant sera martelée dés jeudi à travers une campagne d’information destinée au grand public. Le Conseil fédéral estime en effet que le dépistage systématique de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) n’offre pas la certitude que l’animal testé soit effectivement sain.

Le Conseil fédéral campe donc sur ses positions, alors que l’introduction de ce test était réclamée avec insistance par le monde agricole et une partie au moins de l’opinion publique.

En revanche, le gouvernement suisse a jugé utile de renforcer les mesures existantes en créant une unité de surveillance. Elle sera formée d’une vingtaine de personnes, dont des chimistes, des vétérinaires et des juristes.

Ce groupe d’experts devra s’assurer de l’application effective des mesures de lutte contre l’ESB par toutes les instances concernées. L’unité de surveillance va en particulier renforcer les contrôles dans l’industrie alimentaire et surveiller les méthodes d’abattage ainsi que les tests de dépistage.

Selon Heinz Müller de l’Office vétérinaire fédéral, cet organe de surveillance est d’une importance capitale, surtout dans un Etat décentralisé comme la Suisse. Heinz Müller cite des mesures similaires prises par la Grande Bretagne en 1996 et qui ont permis de faire chuter le nombre de nouveaux cas de vaches folles.

Reste que la connaissance de l’ESB est encore lacunaire. Raison pour laquelle le gouvernement suisse a également décidé d’attribuer 1,1 million de francs à la recherche sur les maladies à prions et leurs voies de transmission.

«Jusqu’à maintenant, la recherche a surtout porté sur la transmission du prion pathogène de l’animal à l’homme. Il s’agit également d’étudier la transmission d’un être humain à un autre», précise Jean-Louis Zurcher, de l’Office fédéral de la santé publique.

Ces fonds devraient également soutenir les travaux menés par le professeur zurichois Adriano Aguzzi. Son équipe estime pouvoir développer un test de depistage de la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l’homme d’ici deux à trois ans.

L’ensemble de ces mesures ne réussira peut-être pas à rassurer, dans l’immédiat, l’opinion publique. Mais comme le précise Heinz Müller, le gouvernement veut démontrer qu’il fait le maximum aux vu des connaissances du moment.

Frédéric Burnand

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