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Soudan du sud: l’ONU renonce à prolonger d’un an une Commission

Les forces sud-soudanaises sont responsables de nombreux abus selon l'ONU (archives). KEYSTONE/EPA/IKILASS HENRY sda-ats

(Keystone-ATS) L’ONU a renoncé à prolonger d’un an une Commission sur les droits de l’homme au Soudan du Sud. Face aux risques de génocide dans ce pays, le Conseil des droits de l’homme n’a fait que réaffirmer mercredi à Genève son mandat.

Un projet de résolution porté par les Etats-Unis prévoyait la prolongation de la Commission et l’élargissement de son mandat. Pour atteindre un consensus, il a été aménagé dans l’après-midi, avant d’être adopté sans vote lors de la 26e session spéciale du Conseil.

La Commission devra lancer des recommandations additionnelles dans son rapport prévu lors de la prochaine session du Conseil, qui démarre fin février. Le Conseil a également souhaité une discussion fin 2017 entre représentants du Haut Commissariat aux droits de l’homme, de l’Union africaine (UA) et d’autres acteurs pour évaluer les mesures prises par le gouvernement sud-soudanais.

Il condamne les violences actuelles, notamment celles à caractère ethnique. Il dénonce «dans les termes les plus forts possibles» les abus sexuels, utilisés comme armes de guerre par les groupes armés.

Parties ciblées par l’ONU

Dans la matinée, la présidente de la Commission de l’ONU Yasmin Sooka avait expliqué que les violences sexuelles «dépassent la capacité de quiconque» à en évaluer l’importance. Au total, au moins 70% des femmes dans les camps ont été violées en trois ans de conflit, a-t-elle affirmé.

La majorité de ces abus est due à des soldats ou à des policiers. Le Haut Commissaire aux droits de l’homme Zeid Raad al-Hussein a de son côté mis en cause «tous les acteurs armés». L’ambassadeur suisse auprès de l’ONU à Genève Valentin Zellweger avait demandé une action «forte» face à ces violations.

Début décembre, la Commission de Mme Sooka avait dénoncé un «nettoyage ethnique en cours». Des indications «crédibles» laissent penser notamment que des milices armées ont mené des atrocités ethniques contre des civils à Yei, a affirmé mercredi le Haut Commissaire.

«Il y a un risque fort» d’une augmentation imminente de ces violences qui pourraient «potentiellement» se dégrader en génocide, a répété de son côté dans un message vidéo le conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide Adama Dieng. Tous les éléments sont réunis, notamment une économie qui stagne, a-t-il aussi déploré.

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M. Zeid a demandé au Conseil d’appeler les dirigeants sud-soudanais à ne plus inciter à la haine ethnique. Outre les violences sexuelles, des arrestations et détentions arbitraires, des enlèvements ou encore des restrictions aux libertés ont été constatés. Des humanitaires ont été visés, des attaques «inacceptables» selon M. Dieng.

Dans sa résolution, le Conseil soutient l’établissement d’une cour hybride par l’UA et le gouvernement, prévue par l’accord de paix dans ce pays. Mais Mme Sooka a appelé à la mettre en oeuvre sans délai.

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