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Les utilisations toujours plus diversifiées des drones comme ici au-dessus des vignes de Rapperswil (SG) nécessitent d'élaborer des nouvelles solutions pour assurer la sécurité (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Skyguide développe un système permettant de situer son drone dans l'espace aérien. Cette technologie ressemblerait à une mini-tour de contrôle virtuelle. Le projet, précurseur, sera présenté le 14 septembre à Genève.

Selon les estimations de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC), au moins 20'000 appareils sans pilote circulent dans le ciel suisse. Il s'agit donc de répondre aux défis posés par le développement fulgurant de ce domaine, selon Antonello Laveglia, porte-parole de l'OFAC, revenant sur une information de 24 heures publiée mercredi.

Skyguide, la société chargée de surveiller l'espace aérien suisse, développe ainsi depuis plusieurs mois une application qui permettra au propriétaire de drone de définir et réserver à l'aide de son téléphone un corridor de vol. Il recevrait une réponse directement depuis l'application. L'idée est de pouvoir communiquer en temps réel la position des aéronefs sans pilote entre eux afin d'éviter les collisions.

Immatriculés et enregistrés

Le projet de Skyguide pourrait être agrémenté d'autres services comme la météo ou d'autres informations liées au trafic aérien. Ce type de système, appelé "Unmanned Aircraft System Traffic Management" (UTM), dont les caractéristiques sont en cours de définition, n'existe encore ni en Suisse ni en Europe.

Il est censé répondre à l'automatisation et la multiplication des opérations commerciales qui utilisent les drones. Cette révolution doit être intégrée dans un système de gestion du trafic.

Les UTM impliquent l'immatriculation et l'enregistrement des drones, selon l'OFAC. Les autorités n'ont pas encore déterminé pour quel type d'appareil un enregistrement serait obligatoire, mais en Europe, on articule les drones d'un poids de 250 grammes et plus.

En Europe, les responsables se sont fixés 2019 pour parvenir à un UTM opérationnel et offrant les services de base, selon Antonello Laveglia. La Suisse participe activement à la réflexion en cours au niveau européen et développe parallèlement ses solutions, comme avec le projet de Skyguide. Mais l'important est d'arriver à un système compatible et coordonné au-delà de la Suisse.

Ce secteur de recherche est très dynamique, car il pose plein de questions sur qui va contrôler le système, la protection des données ou le moyen d'enregistrer les appareils. En Suisse, la mise en place d'un UTM nécessitera vraisemblablement des modifications de la législation, selon M. Laveglia.

Règles encore suffisantes

Pour l'heure, les règles en vigueur en Suisse sont assez souples et suffisent, de l'avis de la Confédération, pour le grand public, soit les 90% des utilisateurs. Les appareils de moins de 30 kilos peuvent voler sans autorisation, moyennant que le pilote maintiennent un contact visuel permanent.

Les engins sont interdits à moins de 5 km des pistes d'un aérodrome civil ou militaire. Dans les zones de contrôle, les drones ne doivent pas voler à plus de 150 mètres du sol. Pour survoler un aérodrome, il faut une autorisation spéciale. Quant aux rassemblements de personnes, les appareils sans autorisation doivent respecter une distance minimale de 100 mètres.

ATS

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