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Un fonds routier pour financer autoroutes et transports urbains

Finis les bouchons et plus de bus et de trams en ville: le fonds routier sera soumis au peuple le 12 février. La conseillère fédérale Doris Leuthard, le conseiller d'Etat Paul Federer (à g.) et le conseiller national et président des villes Kurt Fluri ont défendu le projet. KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE sda-ats

(Keystone-ATS) Le fonds routier permettra d’éliminer les bouchons sur les autoroutes et de fluidifier le trafic en ville, a déclaré Doris Leuthard, avec les représentants des cantons et des villes. La conseillère fédérale a lancé la campagne pour le fonds, en votation le 12 février.

Ce fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA) se veut le jumeau du fonds ferroviaire, accepté par le peuple en 2014. Doté de 3 milliards de francs par an, il devra répondre au défi d’infrastructures devenues obsolètes, a rappelé la ministre des transports lundi devant les médias.

Essence plus chère

Si tout le monde s’accorde sur la nécessité d’agir, le mode de financement a fait l’objet de nombreux bras de fer. Le Conseil fédéral a décidé d’élargir les sources de financement, dont celles de la vignette et de l’impôt sur les véhicules. Une hausse de 4 centimes de la surtaxe sur l’essence est aussi prévue en 2019 au plus tôt.

Une hausse «acceptable», a plaidé Doris Leuthard. Cet impôt n’a plus été adapté depuis 1974. De plus, les voitures consomment moins d’essence, un bienfait qui vide les caisses fédérales. «On aura un problème de financement dès 2018-19. Actuellement, on vit sur nos réserves», a-t-elle précisé.

Initialement, le Conseil fédéral envisageait une hausse du prix de l’essence de 15 centimes. Une augmentation qui a suscité l’opposition du lobby routier. Il a lancé l’initiative dite «vache à lait» pour affecter à la route l’entier des impôts sur les carburants. A défaut d’obtenir gain de cause dans les urnes, ces milieux ont pu convaincre le Parlement de revoir les modalités de financement.

Soutien aux cantons

La part du produit de l’impôt sur les huiles minérales réservée pour la route passera de 50 à 60%. «Le fonds est un soutien aux cantons. Il est équilibré et équitable», a défendu Paul Federer, au nom des directeurs cantonaux de l’aménagement du territoire et conseiller d’Etat obwaldien.

Cet outil permettra de faire les investissements nécessaires, et déjà prévus, comme l’élimination du goulet d’étranglement de Morges (VD) ou le tronçon autoroutier genevois «Cointrin-Le Vengeron». «On doit agir contre les bouchons, et on ne pourra le faire que grâce au fonds routier», a insisté Doris Leuthard.

Les cantons participeront à hauteur de 60 millions de francs par an à l’intégration des 400 km de routes cantonales au réseau national, qui avait été repoussée avec le «non» à la hausse de la vignette à 100 francs.

Mobilité douce incluse

La gauche et les écologistes ont aussi été entendus. Des projets de mobilité douce, de trams et de métros dans les agglomérations feront partie intégrante du fonds routier. «Près de 75% des Vaudois pendulent. Investir dans les infrastructures, notamment dans les agglomérations, est essentiel», a ajouté la conseillère d’Etat vaudoise Nuria Gorrite.

A Genève par exemple, le fonds financera l’augmentation des voies de bus et de trams, une voie verte et l’amélioration des transports publics transfrontaliers, a détaillé Kurt Fluri, conseiller national (PLR/SO) et président de l’Union des villes suisses.

Les cantons pourront eux préfinancer certains projets routiers et l’installation de bornes pour les voitures électriques sur les aires de repos d’autoroute sera soutenue.

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