Vaud veut autoriser l’assistance au suicide dans un cadre strict
(Keystone-ATS) Le gouvernement vaudois va obliger les EMS à accepter la pratique de suicides assistés dans leurs murs. Le contre-projet transmis vendredi au Grand Conseil instaure des limites précises à l’intervention des associations d’assistance au suicide dans ces établissements.
Le contre-projet sera soumis aux électeurs en même temps que l’initiative d’Exit. Déposée en février 2009 munie de 14’000 signatures, elle demande que les résidents d’EMS recevant des subventions publiques puissent solliciter l’assistance au suicide.
Le Conseil d’Etat estime que le texte d’Exit «tend à banaliser un geste grave dans un environnement sanitaire où le personnel se dédie à la protection de la vie» de ses résidents. Il propose au parlement de la rejeter et d’approuver une révision de la loi sur la santé publique (LSP) en tant que contre-projet.
Libre choix préservé
«Nous ne voulons en aucun cas nous opposer au libre choix des personnes concernées», a assuré Karim Boubaker, le médecin cantonal, interrogé par l’ATS. «Mais nous avons le devoir de nous assurer que ce choix a été fait dans de bonnes conditions, que la personne n’est pas sous influence et n’est pas l’objet de pressions».
Le contre-projet pose un cadre à l’assistance au suicide identique pour les résidents en EMS et les patients des hôpitaux reconnus d’intérêt public. Pour pouvoir recourir au suicide assisté, la personne devra avoir sa capacité de discernement, persister dans sa demande, être atteinte d’une maladie grave et incurable. Des soins palliatifs devront lui avoir été proposés.