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Après l’Europe, la Suisse met la viande argentine à l’index

L'interdiction de la viande argentine en Suisse ne pénalise pas pour l'heure les producteurs de viandes séchées. Keystone

Emboîtant le pas à l'Union européenne, la Suisse a interdit mercredi l'importation de viande et de bétail argentin pour barrer la route à l'épizootie de fièvre aphteuse. L'année dernière, 1468 tonnes de cette viande ont été importées, dont les deux tiers sont utilisés pour la fabrication de la viande séchée.

«Nous avons pris cette décision en raison du peu de transparence des autorités argentines», explique Peter Dollinger, expert à l’Office vétérinaire fédéral (OFV). De nombreuses rumeurs sur des centaines de cas de fièvre aphteuse circulent dans le monde, à propos de l’Argentine

Après une demande écrite aux autorités de ce pays, l’OVF n’a pas reçu de réponse, excepté un fax faisant état de suspicion de cas dans la région de Buenos Aires.

Cette décision peut certes paraître trop rapide et injustifiée. Toutefois, Peter Dollinger affirme que l’on ne peut pas prendre de risques, même si ceux ci sont minimes. L’interdiction ne sera probablement pas de longue durée, affirme l’expert.

En effet, les risques de contamination sont pratiquement nuls. «Les importations concernent les viandes sans os, précise l’expert de l’OVF. Or cette viande ne peut être contaminée. Par ailleurs, la viande rouge devient exempte de tout virus de la fièvre lorsque le processus de maturation est achevé».

Cette interdiction touche principalement les producteurs de viandes séchées. Ils utilisent en effet près de 1000 tonnes de viande d’Argentine par année pour la fabrication de ce fleuron suisse de la gastronomie.

«Cette situation est ennuyeuse mais pas dramatique, explique Andréa Mani, secrétaire de l’Association suisse des professionnels de la viande. L’Association regroupe notamment tous les producteurs de viande sèche.

La Suisse consomme environ 1500 tonnes de viande sèche, dont la majorité est fabriquée avec de la matière première helvétique. Le problème peut donc se poser pour les exportations, car les 900 tonnes de viandes séchées partant à l’étranger sont fabriquées essentiellement avec de la matière première argentine.

«Nous avons d’autres sources de matières premières, comme le Brésil ou le Paraguay, précise Andréa Mani. Le problème ne se pose donc pas, et les viandes d’Amérique du Sud sont proches en qualité».

La situation pourrait s’aggraver si la Suisse ne pouvait plus transformer de viande d’origine étrangère. En effet des pays comme l’Allemagne ou les USA ne veulent pas de viandes suisses, en raison des risques liés à la maladie de la vache folle, notamment. L’autre raison est financière, puisque la matière première helvétique s’avère, par ailleurs, souvent trop chère.

Jean-Louis Thomas

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