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Après Louxor, un chercheur nuance la sérénité du ministre suisse des Affaires étrangères

Lors de son voyage à Louxor, Joseph Deiss s’est voulu optimiste. Certes, les autorités égyptiennes ont remporté une bataille contre les Islamistes. Mais, pour Patrick Haenni, la menace de nouveaux attentats n’est pas écartée.

Lors de son voyage à Louxor, Joseph Deiss (à gauche) s’est voulu optimiste. Les touristes sont rassurés. Certes, les autorités égyptiennes ont remporté une bataille contre les Islamistes. Mais, pour Patrick Haenni, la menace de nouveaux attentats n’est pas écartée.

Le terrain, Patrick Haenni le connaît extrêmement bien. Arabophone, spécialiste de l’islamisme politique, ce jeune chercheur suisse vit et étudie au Caire depuis six ans. Et ce qu’il dit jette une lumière contrastée sur l’apparente sérénité des partenaires de l’Egypte, dont la Suisse, face à la reprise du tourisme dans une région sécurisée. D’autres Louxor ne peuvent être exclus.

«La gerbe de fleurs que le ministre suisse des Affaires étrangères, Joseph Deiss, a déposé récemment à Louxor pour rendre hommage aux 62 touristes – dont 36 Suisses – victimes du massacre de 1997, est justifiée. Mais ce geste n’a de sens que sur le court terme», souligne Patick Haenni, qui soutiendra sa thèse dans quelques mois à l’Institut d’études politiques de Paris.

Le calme actuel n’est que provisoire. Il est, dit-il, maintenu grâce à un impressionnant dispositif policier et militaire «qui a les atouts du quantitatif et pas forcément du qualitatif». Les autorités égyptiennes ont pour l’instant remporté une première bataille contre le terrorisme. Mais «pas le défi de la stabilité politique, car toutes les conditions structurelles, sociales, économiques et politiques ayant contribué à l’émergence de l’islamisme radical au début des années 1970, restent là».

Pourtant après Louxor, les Islamistes radicaux – les Jamaa islamiya et le Jihad islamique – affaiblis et décrédibilisés, ont tenté d’opter pour une stratégie légaliste, de se fonder en partis politiques. «Le régime en place a évidemment interdit ces partis», souligne Patrick Haenni. Résultat: les Islamistes ne pouvant s’affirmer de manière pacifique sur la scène politique, il ne leur reste que la voie de la violence.

Et Patrick Haenni de constater à partir de ses observations sur le terrain que les groupes islamistes vont se restructurer à moyen terme. En dépit de l’option strictement sécuritaire des autorités égyptiennes, incapables matériellement de contrôler un pays de 60 millions d’habitants.

«La question n’est pas de savoir si l’islamisme radical peut être absorbé par une ouverture du champ politique. Pour moi, il faut tout simplement ouvrir le champ politique, car il y a une composante importante du paysage politique qui en est exclu et avec elle des pans entiers de la population», souligne Patrick Haenni

Jugurtha Aït-Ahmed

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