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Commission des droits de l’homme: la Suisse satisfaite de la session 2000

A Genève, la Commission des droits de l’homme de l’ONU arrive au terme de sa session annuelle. L’ambassadeur suisse François Nordmann (photo) et sa délégation tirent un bilan globalement positif des travaux marqués par une volonté consensuelle.

A Genève, la Commission des droits de l’homme de l’ONU arrive au terme des six semaines de sa session annuelle. L’ambassadeur suisse François Nordmann (photo) et sa délégation tirent un bilan globalement positif des travaux marqués par une volonté consensuelle.

La Suisse n’a qu’un statut d’observateur auprès de cette commission qui ne compte que 53 pays membres. Mais elle bénéficie des mêmes prérogatives que les 135 pays membres de l’ONU qui, comme la Suisse, n’occupent qu’un siège d’observateur. Concrètement, elle n’a certes pas le droit de vote, mais elle participe aux travaux, donne son avis et peut se joindre à d’autres pays pour proposer ou soutenir des résolutions.

On pense bien sûr aux deux projets de résolutions qui ont plus particulièrement retenu l’attention des diplomates comme des médias, à savoir la situation des droits de l’homme en Chine et en Tchétchénie.

Dans le premier cas, la Suisse a ouvertement critiqué l’attitude de Pékin, mais elle ne s’est pas alliée aux pays qui proposaient un texte de condamnation et qui ont par la suite échoué une fois encore dans leur tentative. «Nous partions de l’idée qu’un dialogue constructif avec ce pays aurait de meilleures chances d’arriver à des résultats concrets», explique l’ambassadeur François Nordmann, représentant permanent de la Suisse auprès des organisations internationales à Genève.

Dans le cas de la Tchétchénie, poursuit-il, «nous avons en revanche co-signé un projet de résolution présenté par l’Union européenne et qui aurait pu servir de base à une négociation». Ce texte correspondait en effet aux positions adoptées par Berne durant tout le conflit tchétchène, notamment en ce qui concerne la protection des populations civiles et le recours disproportionné à la force. En fait, les Européens n’ont pas réussi à rallier la délégation russe à leur idée de compromis. Ils ont donc soumis leur proposition au verdict de la Commission qui l’a adoptée par 25 voix et qui demande à la Russie de créer d’urgence un organe national d’enquête indépendant.

L’avancée principale de cette session, l’ambassadeur Nordmann la voit dans la création d’un mécanisme de protection des défenseurs des droits de l’homme: les militants, les associations, les juges et tous ceux qui se battent pour faire respecter les droits les plus élémentaires de la personne humaine pourront bientôt faire appel à un représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU chargé d’enquêter sur leur sort.

De manière plus générale, la délégation suisse tire un bilan unanimement positif de cette 56e session de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies: «il y avait un équilibre entre la défense des droits civils et politiques auxquels ont toujours été sensibles les pays du Nord, et les droits économiques, sociaux et culturels que les pays du Sud souhaitent promouvoir en priorité, et cela marque certainement un progrès».

Cela dit, les centaines de résolutions adoptées par la Commission depuis sa création, il y a plus d’un demi-siècle, n’ont empêché ni les répressions ni les massacres. Mais, fait remarquer l’ambassadeur Nordmann, une conscience universelle est en train de prendre forme selon laquelle chacun a le droit de se préoccuper du sort fait aux hommes dans d’autres pays sans se voir accuser d’ingérence dans des affaires intérieures. Les Etats sont aujourd’hui obligés de rendre des comptes à la communauté internationale. «C’est une espérance considérable. On crée la mauvaise conscience chez ceux qui commettent des crimes. Il n’y a pas de raison de désespérer».

Bernard Weissbrodt

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