Credit Suisse First Boston prend ses distances avec Bill Clinton
Au moment où la Chambre des Représentants s'apprête à entendre les plus proches collaborateurs de l'ancien président américain dans le cadre de l'amnistie accordée à Marc Rich, la banque veut éviter toute mauvaise publicité.
Mardi soir, dans un grand hôtel de New York, Bill Clinton s’est exprimé devant un parterre d’investisseurs à l’invitation d’un magazine américain et de Credit Suisse First Boston (CSFB). L’invitation a néanmoins été faite du bout des lèvres par le groupe suisse qui affirme avoir «réduit sa participation» à l’événement.
Interrogée par swissinfo mercredi, Victoria Harmon, porte-parole du Credit Suisse à New York, refuse de dire si l’entreprise a reçu des plaintes émanant d’investisseurs. Il y a quelques semaines, le groupe Morgan Stanley Dean Witter avait dû s’excuser auprès de sa clientèle pour avoir fait appel aux talents d’orateur de l’ancien président américain lors d’une conférence.
Sous couvert d’anonymat, un responsable de Credit Suisse First Boston déclare cependant à swissinfo que la banque a pris ses distances avec Bill Clinton parce qu’elle «avait peur que l’événement ait plus à voir avec un cirque médiatique qu’avec une réunion d’investisseurs».
Lors de son discours, qui a été suivi d’une séance de questions/réponses, l’ancien chef de la Maison Blanche a affirmé «ne pas être inquiet du tout» de voir sa réputation ternie par la controverse entourant l’amnistie qu’il a accordée à Marc Rich. Pressé de questions à sa sortie de la conférence, l’ancien président a ajouté qu’il aspirait à «quitter la Une des journaux et à mener une vie normale».
Mais Bill Clinton devra encore attendre. En effet, la Chambre des Représentants reprend jeudi ses audiences à propos de l’affaire Marc Rich. A la demande de la Commission gouvernementale de la Chambre, l’ancien président américain a autorisé trois de ses plus proches collaborateurs à la Maison Blanche à déposer.
Selon la presse américaine, ces trois témoins devraient dire aux élus de la Chambre qu’ils se sont opposés en vain à l’amnistie accordée à Marc Rich. Un négociant en matières premières peu scrupuleux qui s’est réfugié en Suisse en 1983, après avoir été inculpé par un tribunal new-yorkais de fraude fiscale et de violation des sanctions contre l’Iran.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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