Euthanasie: la justice allemande allège la peine d’un pasteur suisse
La Cour fédérale de Leipzig a abrogé l'amende infligée en 1999 par le tribunal de Berlin à Rolf Sigg, responsable d'au moins une mort sur ordonnance. Elle a infligé mercredi à ce pasteur suisse un avertissement avec mise à l'épreuve. Mais le débat sur l'aide au suicide n'est pas clos.
Le pasteur Rolf Sigg, 83 ans, avait été condamné à 6000 francs d’amende en décembre 1999 par le tribunal de Berlin. Il avait été jugé pour avoir aidé, en avril 1998, une femme atteinte d’une sclérose en plaque à mettre fin à ses jours.
La malade, médecin elle même, se savait paralysée à jamais par cette maladie incurable. Le pasteur Sigg, secrétaire général de l’association EX International qui milite pour une mort «digne», lui avait alors délivré une dose mortelle de Pentobarbital, un somnifère.
La patiente est morte quelques minutes après avoir ingurgité elle-même le breuvage. Le pasteur Sigg s’est dénoncé à la police. Il reconnaît d’ailleurs avoir aidé déjà 380 personnes à mettre fin à leurs jours. Toutes étaient membres de son association.
Le tribunal de Berlin avait reconnu en décembre 1999 que le pasteur avait assisté la victime, dans le meilleur sens du terme. Mais les juges berlinois l’avaient condamné pour avoir utilisé en Allemagne un médicament interdit.
Le Natrium-Pentobarbital, délivré sur ordonnance jusqu’en janvier 1998, faisait alors partie de la liste des médicaments interdits.
L’avocat du pasteur Sigg a souligné mardi à Leipzig que si son client avait délivré de la mort au rat à la victime il n’aurait pas été condamné.
Il a également affirmé que le droit de mourir dans la dignité – reconnu en Suisse à l’inverse de l’Allemagne – contribue au développement d’un «tourisme de la mort» dans la Confédération.
Selon un récent sondage 78% des Allemands sont favorables à la mort accompagnée médicalement.
Michel Verrier, Berlin
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