La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Les Turcs nient le génocide arménien

En janvier, quelque 300 Turcs ont manifesté après la décision de la France de reconnaître le génocide arménien. Keystone Archive

Dans le cadre du procès pour «négation de crimes contre l'humanité», le Président du tribunal Berne-Laupen vient d'ordonner une étude sur la manière dont la Turquie officielle interprète les événements de 1915-16. Une chose est sûre: les Turcs rejettent toute idée de génocide.

Un nouveau musée vient d’être inauguré à Erzurum, en Turquie. Un musée dédié aux victimes turques des Arméniens. Difficile de ne pas y voir une provocation, deux mois après le vote du Parlement français reconnaissant le génocide arménien. Pourtant cette provocation traduit surtout le sentiment, très ancré chez les Turcs, que les victimes de la première guerre mondiale ne furent pas tant les Arméniens que, eux, les Turcs.

De fait, cette période reste marquée dans la mémoire collective turque par l’effondrement de l’empire ottoman, son démantèlement par les puissances occidentales. Les Turcs restent traumatisés par cette période au cours de laquelle ils ont cru disparaître.

A leurs yeux, les massacres perpétrés sur les Arméniens passent au second plan. La thèse officielle y voit une conséquence des combats internes à l’Empire ottoman en pleine dislocation. Les Arméniens auraient été des «traîtres» agissant pour le compte des Russes au fil de leur avancée. Les autorités ottomanes auraient été obligées de les «évacuer», par précaution. D’ailleurs, la thèse officielle minore le nombre de victimes arméniennes: 250 000 à 500 000, alors que les Arméniens avancent, eux, le chiffre d’un million et demi.

Dans les manuels scolaires, la question arménienne est également traitée sur le mode de la réfutation. De plus, selon l’historien français Etienne Copeaux, depuis une dizaine d’années, le gouvernement turc a rayé des livres d’histoire toute allusion au passé arménien de l’Anatolie orientale. La raison? Depuis 1985, les Arméniens se font mieux entendre. Le gouvernement turc a donc préféré gommé les références à la présence arménienne ancienne en Turquie, car cela pourrait sinon justifier «la revendication de restitution des biens aux victimes du génocide».

Face aux thèses officielles, certains historiens turcs reconnaissent le caractère systématique et planifié des massacres contre les Arméniens, femmes, enfants et vieillards compris. Mais aucun ne l’a publiquement qualifié de génocide.

Ariane Bonzon, Istanbul

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision