Les victimes de Sulzer Medica réclament davantage
Dans l'affaire des prothèses défectueuses de hanche et de genou, certaines victimes américaines estiment que la proposition d'accord global, faite mardi par Sulzer Medica, va dans la bonne direction. Mais à leurs yeux, cette offre reste insuffisante.
Le plan d’indemnisation proposé par Sulzer Medica aux patients ayant reçu une prothèse de hanche ou de genou fera l’objet d’une présentation officielle vendredi devant le tribunal du juge fédéral Cathleen O’Malley, à Cleveland, en Ohio.
Perplexité des victimes
Le plan prévoirait des indemnités s’élevant au total à 780 millions de dollars, versées aux victimes en espèces ainsi qu’en actions de l’entreprise.
Aux termes de ce plan, les patients qui ont dû être réopérés plus d’une fois se verraient remboursés les frais chirurgicaux et recevraient 97 500 dollars. Tandis que ceux qui ont été réopérés une fois seulement toucheraient 57 500 dollars, augmentés du remboursement des frais d’opération.
Vendredi, la magistrate entendra les parties, puis disposera de 60 à 90 jours pour statuer.
Mais d’ores et déjà, certaines victimes américaines expriment leur perplexité face à la proposition de Sulzer Medica. Par la voix de l’avocat David Riggs, les patients opérés du genou estiment ainsi que les montants évoqués ne sont pas satisfaisants.
Une responsabilité particulière
«La proposition de Sulzer Medica constitue une bonne approche pour tenter de résoudre un problème aux dimensions énormes, mais Sulzer peut faire mieux», déclare David Riggs à swissinfo.
Selon l’agence Reuters, Sulzer Medica affirme que certains avocats de plaignants ont participé à l’élaboration du projet d’accord global. De son coté, David Riggs indique avoir discuté avec des représentants de Sulzer la semaine dernière, mais précise qu’il n’a appris les détails du plan que par la presse.
Cet avocat américain, qui s’occupe de plusieurs dossiers d’opérés du genou depuis ses bureaux de Tulsa en Oklahoma, regrette aussi que le projet d’accord ne comprenne aucun dédommagement.
«Sulzer Medica a une responsabilité particulière parce qu’elle a choisi de continuer à vendre des produits qu’elle savait défectueux et que cette attitude a causé une souffrance aux victimes», souligne David Riggs.
Préoccupé par la séparation de Sulzer AG et Sulzer Medica intervenue le mois dernier, David Riggs souhaite par ailleurs que la société holding de Sulzer assume elle aussi ses responsabilités.
«Je ne suis toujours pas convaincu que Sulzer AG doive être autorisée à s’en sortir si facilement», estime en effet l’avocat américain.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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