Lois anti-trust: le numéro un mondial du logiciel condamné
Microsoft a été reconnu coupable, la nuit passée, d’abus de position dominante. Un verdict rédigé en des termes sévères mais qui ouvre la voie à plusieurs années de manoeuvres juridiques.
Microsoft a été reconnu coupable, la nuit passée, d’abus de position dominante. Un verdict rédigé en des termes sévères mais qui ouvre la voie à plusieurs années de manoeuvres juridiques.
Le juge Thomas Jackson n’a mis que deux jours pour rendre son verdict après l’échec, samedi, de la phase de conciliation qu’il avait ordonnée entre Microsoft et le gouvernement américain. Le verdict vient confirmer la mauvaise opinion que le juge a de la firme de Bill Gates, une opinion qu’il avait exprimée dans des conclusions préliminaires en novembre dernier.
Le magistrat accuse ainsi le numéro un mondial du logiciel de s’être “conduit en prédateur”. Surtout, le juge estime que Microsoft a violé les lois anti-trust en abusant de sa position dominante pour nuire à la concurrence et étouffer l’innovation.
Le verdict indique aussi qu’au-delà du monopole actuel de Microsoft sur les logiciels, il existe “une probabilité dangereuse de voir cette entreprise devenir un monopole sur un second marché”, celui des systèmes de navigation sur l’Internet.
Ce verdict a fait plonger l’action Microsoft à la bourse de New York, et dans la foulée, Bill Gates a perdu 11 milliards de dollars. Il n’en reste pas moins l’homme le plus riche du monde, avec une fortune estimée à près de 100 milliards. Et il reste combatif, en promettant de faire appel du verdict du juge et des sanctions que celui-ci choisira d’ici à la fin de l’été.
Le magistrat peut, soit exiger l’éclatement de Microsoft en plusieurs sociétés, soit lui imposer des changements dans ses pratiques commerciales. Dans les deux cas, Bill Gates est prêt à amener l’affaire devant la Cour Suprême, ce qui veut dire que la solution du problème Microsoft ne sera pas trouvée avant trois ou quatre ans.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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