Paris-Nice: à l’heure du bilan Zülle retrouve son sourire
Il y a 55 ans que l'Italie attendait une deuxième victoire dans la Course au soleil. Vainqueur, Dario Frigo a construit sa victoire contre la montre. Seule équipe suisse au départ, «Phonak» est restée en-deçà de ses espoirs. Quant aux autres Suisses, ils ont sacrifié à leurs tâches de coéquipiers.
55 ans après Fermo Camellini, un deuxième Italien remporte le Paris-Nice: Dario Frigo. Sa victoire il l’a construite samedi dans le col d’Eze. Où il a réalisé un véritable exploit en remportant le contre-la-montre de 10 kilomètres. De fait, il s’est emparé du maillot blanc de leader détenu par le Belge Van Petegem. Pour sa part, l’Italien Guidi a remporté au sprint la dernière étape, Nice-Nice.
Dans le col d’Eze «l’ouragan italien» a fait de gros dégâts. Son dauphin, le Lituanien Rumas concède 27». Quant au Suisse Alex Zülle (6e) il débourse 44». On savait que le contre-la-montre serait crucial pour l’attribution de la victoire finale.
Vainqueur à deux reprises de l’épreuve de vérité Alex Zülle retrouve en partie son sourire. A l’heure de ce bilan 2001, on retient sa victoire d’étape à Sisteron. Mais surtout une certaine décrispation du Saint-Gallois quant à son avenir immédiat.
«A l’issue de ce Paris-Nice je suis convaincu d’avoir franchi une marche importante, notamment au plan psychologique», explique le Saint-Gallois. Et d’assurer qu’il sera prêt pour Milan San-Remo, la classique d’ouverture de samedi prochain.
Or, à 33 ans, si Zülle conserve l’espoir de remporter le Tour de France dans les deux ou trois ans à venir, il ne cache pas son intérêt pour les classiques. «En particulier pour les classiques ardennaises. Cette fois je pourrai donner la pleine mesure de mes possibilités…». Sous-entendu: «Je suis libéré de la pression de la ONCE obnubilée dans sa recherche d’une victoire dans le Tour de France.» Ce qui hypothèque une partie de la saison de l’équipe espagnole.
Alex Zülle, rassuré. Laurent Dufaux, lui, sort d’un Paris-Nice difficile. Et déjà il annonce qu’il ne participera pas au Tour de France. Mais précise: «Sauf si mon employeur m’y oblige».
Encore 9e au classement général avant le col d’Eze, Dufaux (39e de l’étape à 2’14») boucle la Course au soleil à la 16e place. Or, dans l’étape de montagne de vendredi conduisant de l’Etang de Berre à Saint-Raphaël il a failli sombrer. Lâché dans la dernière difficulté du jour, il est parvenu à revenir dans le peloton des favoris.
«Ce jour-là je me suis vite rendu compte que j’étais dans le dur», explique le Vaudois. Le lendemain, dans le col d’Eze, il n’avait pas retrouvé ses sensations de grimpeur. Son désir de conserver sa 9e place au général s’est vite estompé. Certes, le leader de la «Saeco» n’a pas fait de Paris-Nice sa priorité.
«Ma saison se divise en deux parties distinctes, rappelle le Vaudois. D’une part le Tour de Romandie, le Giro et le Tour de Suisse, de l’autre la Vuelta et les Championnats du monde au Portugal.»
Chez «Phonak» – la seule équipe suisse au départ – le directeur sportif Jacques Michaud tire le bilan. «La bonne surprise c’est le bon comportement du Jurassien Beuchat (42e, le mieux placé au classement général) et l’Allemand Grabsch».
«Pour nous, Paris-Nice c’était avant tout les trois premières et la dernière étape à priori tracée pour les sprinters. Avec Grabsch comme poisson pilote et Usov au finish nous pouvions espérer un bon résultat. En revanche, ils se sont loupés à Villeneuve-d’Avignon, dépassés à vingt kilomètres de l’arrivée».
Les sprinters de «Phonak» n’ont donc pas totalement profité de l’ouverture. Il est vrai que suite à sa chute de Clermont-Ferrand le Russe Usov n’a pas retrouvé l’entier de ses sensations. A l’ombre du Puy-de-Dôme, Grabsch a obtenu une belle 6e place.
Pour le reste, Jacques Michaud constate: «Pour la suite de la saison, l’équipe doit améliorer ses qualités collectives. Avec l’arrivée des nouveaux coureurs la mayonnaise n’a pas encore bien pris. Ils doivent trouver les automatismes (au ravitaillement, lors des crevaisons, etc.) Je dirais qu’ils manquent de spontanéité dans leurs décisions.»
Quant aux autres Suisses, ils ont traversé Paris-Nice dans l’anonymat des gazettes, non sans avoir sacrifié à leurs tâches de coéquipiers.
Pierre-Henri Bonvin
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