Rudolf Keller: trois générations de wellness sous le soleil tessinois
Très à la mode par les temps qui courent, le wellness est, depuis un siècle déjà, l'étendard d'un petit village tessinois. En 1914, Adolf Keller ouvrit une maison de santé à Cademario, une terrasse ensoleillée du Malcantone. Médecin naturaliste spartiate, il transportait sur son dos les clients qui ne pouvaient monter jusqu'à la clinique. Trois générations plus tard, celle-ci est gérée par son petit-fils, Rudolf Keller.
Nous sommes originaires de Thurgovie, j’appartiens à la 18e génération de Keller. Mon père est né ici, au Kurhaus, et moi, exception faite de mon nom et de mon prénom, je suis et je me sens tessinois. Au village, mon grand-père était surnommé «Keller le vieux». Arrivé en 1910 au Tessin, il l’avait parcouru à pied, en long et en large, avant de trouver l’endroit où établir une maison de santé et de réhabilitation. Il était convaincu des propriétés curatives du soleil et Cademario est l’un des endroits en Suisse qui compte le plus grand nombre d’heures d’ensoleillement… jadis, on ne pensait pas au trou de la couche d’ozone.
Il n’était pas riche, ses parents étaient fromagers. Mais le fait de croire en une discipline de vie sévère l’aida. Il prônait les régimes végétariens, pas d’alcool et beaucoup de contact direct avec le soleil et l’air de la montagne. C’était un personnage très charismatique, un guérisseur, il avait des pouvoirs paranormaux. Modèle de vie, il a fini par devoir s’adoucir et s’ouvrir au marché. Ce fut un précurseur, il construisit la première piscine au Tessin.
Moi qui dirige aujourd’hui le Kurhaus, j’ai également suivi l’air du temps. J’ai construit «ma» piscine, à l’abri d’une baie vitrée qui s’ouvre, à 850 mètres, sur le lac de Lugano et le golfe d’Agno. Après la disparition d’un personnage comme mon grand-père, il n’a pas toujours été facile de renouveler la philosophie du «soigne ton corps et ton âme», tout en conservant le même attrait. Actuellement, outre les soins médico-thérapeutiques, l’hôtel offre surtout du wellness et des vacances.
Parfois je me demande ce que dirait mon grand-père s’il voyait la piscine couverte et le piano-bar. Serait-il content? Je n’en sais rien. Mes enfants y réfléchiront peut-être, l’un d’eux suit une formation hôtelière. J’apprécie ce choix. Il faut aider ceux qui travaillent dans le tourisme, surtout ici. Le Tessin est merveilleux, avec ses paysages superbes, ses lacs, ses montagnes, ses forêts. Impossible de ne pas en tomber amoureux.
Rudolf Keller
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