Suisse-UE: les négociations sur la recherche reprennent
La Suisse et l'Union européenne se sont remises au travail. L'atmosphère est positive. Mais des nuages planent.
Charles Kleiber et Philippe Busquin se connaissent et s’apprécient. Le secrétaire d’Etat à la science et à la recherche et le commissaire européen avaient négocié ensemble l’accord bilatéral sur la recherche.
Leur accord avait toutefois été rendu caduc par l’entrée en vigueur tardive du premier paquet des bilatérales.
Mercredi, les deux hommes se sont retrouvés à Bruxelles pour lancer les négociations sur la participation de la Suisse au 6e programme-cadre de recherche (PCR).
Une rencontre qualifiée de «positive» par le secrétaire d’Etat. Charles Kleiber a également noté, de la part de la Commission, «une volonté forte» de conclure rapidement un accord avec la Suisse.
Dans une lettre qu’il a remise à son interlocuteur, le commissaire insiste, en effet, sur l’importance pour l’Union européenne de développer des relations scientifiques avec la Suisse.
Philippe Busquin ajoute que la Commission s’engage à solliciter rapidement un mandat de négociation auprès du Conseil.
Espace européen de la recherche
«L’Union européenne est en train de construire l’Espace européen de la recherche», explique Charles Kleiber. Il est dès lors primordial, pour les chercheurs suisses, de participer pleinement à cette entreprise.
La Suisse est déjà impliquée dans les deux instruments principaux de cet Espace, à savoir les «réseaux d’excellence» et les projets intégrés.
Cette dernière initiative a rencontré un très grand succès: 200’000 chercheurs, parmi lesquels de nombreux Suisses, ont présenté des propositions.
«La communauté scientifique européenne est en train de se constituer», résume Charles Kleiber.
Le secrétaire d’Etat donne un exemple de l’intérêt, pour la Suisse, de faire partie activement de cette communauté: «seule, elle ne peut empêcher Novartis de délocaliser son centre de recherche à Boston. Mais les Européens, ensemble, le peuvent.»
Diriger des projets
Avec le statut de partenaire, la Suisse participe déjà à l’actuel programme, le 5e PCR. Mais si elle devient membre associé, les chercheurs suisses pourront lancer des projets et les diriger. Actuellement, leur participation est soumise à certaines restrictions.
Les scientifiques auront également la possibilité de participer aux organes de décision qui définissent la politique européenne en matière de recherche.
Du côté suisse, on est prêt. Les Chambres fédérales ont d’ores et déjà voté un crédit de 835 millions de francs pour la participation helvétique.
Mais côté européen, le processus est plus complexe. L’accord devra être adopté par le Conseil et par le Parlement. A Berne, on espère que le texte sera prêt au printemps 2003.
En matière de recherche, la Suisse et l’Europe semblent donc sur la même longueur d’onde. Et pourtant, des nuages se profilent à l’horizon.
Les Quinze pourraient subordonner leur signature à une avancée des négociations dans le domaine fiscal.
A la Commission, le porte-parole de Philippe Busquin se veut rassurant: «il n’y a aucune raison que d’autres dossiers influencent la négociation».
Et de souligner qu’Israël est devenu membre associé, alors que certains voulaient donner un signal politique négatif à ce pays.
swissinfo/Barbara Speziali à Bruxelles
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