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Thomas Borer contre-attaque

Djamile Rowe change sa version des faits et affirme avoir été soumise à des pressions. Keystone Archive

Sa présumée maîtresse se rétracte et s'en prend à l'éditeur Ringier. L'ancien ambassadeur à Berlin saisit la balle au bond et attaque le gouvernement suisse.

La jeune conseillère en parfumerie, Djamile Rowe, qui avait affirmé entretenir une liaison avec l’ancien ambassadeur de Suisse à Berlin, se rétracte. La «SonntagsZeitung» et l’hebdomadaire allemand «Bild am Sonntag», ont cité dimanche des propos de la jeune femme où celle-ci affirme, toujours sous serment, n’avoir eu «à aucun moment une relation sexuelle» avec Thomas Borer.

L’ambassadeur avait été rappelé à Berne par le Conseil fédéral début avril, après la publication par le «SonntagsBlick» de photos montrant une femme monter dans sa voiture. Il avait ensuite démissionné, critiquant au passage le manque de «loyauté» du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

«Soulagé»

Dans une interview diffusée lundi par l’agence de presse allemande dpa, Thomas Borer se dit «très soulagé» par les déclarations de sa présumée maîtresse. «J’ai dit dès le début que cette affaire avait été montée de toutes pièces», répète l’ancien diplomate.

«Quelques personnalités suisses importantes ne m’ont pas cru, elles ont en revanche accordé foi à des preuves et à des témoins douteux», ajoute Thomas Borer, qui estime que les mesures prises à son encontre ont nui à sa famille, mais également à la Suisse.

L’ancien ambassadeur se dit également convaincu que son rappel était lié aux reproches formulés sur sa vie privée. «Quelle autre raison sinon?», s’interroge Thomas Borer.

Dimanche pourtant, le porte-parole du DFAE Ruedi Christen a répété à swissinfo que «la décision du Conseil fédéral n’avait rien à voir avec la vie privée de Thomas Borer». Si la jeune femme «raconte ajourd’hui quelque chose d’autre, c’est son affaire et pas la nôtre», a-t-il poursuivi.

Des clichés douteux

Par ailleurs, des doutes avaient été émis par différents médias sur l’authenticité des clichés sensés prouver la relation extra-conjugale de Thomas Borer.

Or, il y a quelques jours, un rapport provisoire d’experts du laboratoire Prolabore AG de Kloten annonçait que ces photos n’avaient été ni manipulées ni falsifiées par la rédaction du «Sonntagsblick».

Le rapport définitif ne sera cependant délivré qu’en septembre. Des investigations complémentaires doivent encore être effectuées afin de déterminer notamment si les situations dépeintes par les photos n’ont pas été mises en scène.

La maison Ringier mise en cause

De son côté, Djamile Rowe adresse de vifs reproches à la maison Ringier, éditrice du «SonntagsBlick» à l’origine de l’affaire. Elle affirme avoir été soumise à de fortes pressions de la part de la reporter du journal dominical.

Elle affirme également que Michael Ringier, directeur du groupe, lui a proposé une grosse somme d’argent en échange de ses déclarations sur une prétendue relation sexuelle avec l’ambassadeur Borer.

Plainte pour calomnie

Dans une prise de position publiée dans la «SonntagsZeitung» et dans un communiqué diffusé dimanche, l’éditeur conteste ces affirmations.

Les déclarations de la jeune femme sont en totale contradiction avec celles faites jusqu’ici dans de nombreux médias à l’étranger comme en Suisse, ainsi qu’avec une précédente déclaration sous serment faite au «Blick», affirme Ringier, cité par le journal. Pour l’éditeur, une explication juridique paraît désormais inévitable.

Ces fausses déclarations pourraient lui valoir à présent une procédure pénale pour parjure, voire une peine de prison, affirme le «Bild am Sonntag». L’hebdomadaire ajoute qu’elle devra s’expliquer, le 16 juillet, devant un tribunal. Thomas Borer a en effet déposé une plainte pour calomnie.

swissinfo avec les agences

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